Qu’a apporté l’exploitation des mines ?

En 1614, le bakufu construit le port d'Ogi pour céder la place au transport de métaux précieux sur l'île. Grâce à la collaboration de la population de la ville voisine de Shukunegi, qui était très active dans le cabotage, Ogi a prospéré comme l'une des escales de la route commerciale maritime de la mer du Japon. De nombreux constructeurs de bateaux déménagèrent dans la région, ce qui facilita le développement de nouvelles entreprises de transport possédant leurs propres navires et rendit la ville de Shukunegi florissante.

Le sankakuya ou « maison triangulaire », symbole du passé de Shukunegi. Le vieux quartier, qui rassemble plus d'une centaine de maisons de ce type, avec des murs de planches, a été désigné « District de préservation importants pour les groupes de bâtiments traditionnels ».

À l’époque d’Edo, l’île de Sado servait de zone portuaire sur la route maritime partant de Sakata (préfecture de Yamagata), région rizicole par excellence, et passant par Shimonoseki sur la mer intérieure de Seto, pour se terminer à Osaka, le centre névralgique du commerce de l’Archipel. Plus tard, cette route s'est prolongée jusqu'à Hokkaidô. C’est pourquoi, les coutumes de l'île ont été influencés par la culture du Kansai, principalement de Osaka, ainsi que celle de beaucoup d'autres régions du pays, comme celle du Tôhoku (Nord-Est) ou Hokkaidô.

Reconstruction du Hakusan-maru, un navire de transport à l’exposition au Musée ethnographique d'Ogi, île de Sado.

Les taraibune (petits bateaux cylindriques, en forme de bac), l'une des attractions touristiques d'Ogi, partagent également une histoire avec les mines d’or et d’argent. À l'origine, ces bateaux étaient conçus pour la prise d’algues, d’abalones ou de sazae le long du littoral d’Ogi, dont la côte présente un relief très découpé parsemé de récifs. De nombreux tonneaux en bois ont été utilisés dans les mines de l'île, si bien que les artisans qui les ont fabriqués ont pu parfaire leurs techniques dans cet autre secteur.

Les visiteurs d’Ogi ou Shukunegi peuvent monter dans un taraibune, bateau en forme de bac.

Concernant les objets artisanaux, on ne peut évoquer l’île de Sado sans parler de la céramique Mumyôi-yaki. Mumyôi est le nom japonais d'une argile riche en fer utilisée dans la médecine chinoise. Au Japon, on peut trouver cette terre à proximité des gisements d'or des mines de l’île. L’utiliser lors de la fabrication donne aux objets une jolie couleur rougeâtre. En 2003, Itô Sekisui V a été le premier céramiste de Mumyôi-yak à être nommé « trésor national vivant » (ningen kokuhô).

Les créations du céramiste Itô Sekisui peuvent être admirées dans une salle d'exposition qui porte son nom à Aikawa. Elles sont également proposées à la vente.

On peut également citer des temples qui ont retrouvé leur splendeur d’antan grâce aux généreux dons des exploitants des mines, ainsi que des murs et des escaliers en pierre où les mêmes techniques de construction utilisées que dans les mines ont été appliquées. Les mines ont non seulement eu d’importantes répercussions sur l’économie mais elles ont également attiré de nombreuses personnes sur l'île de Sado, permettant l'introduction de nouvelles techniques et de cultures.