La pittoresque île de Shôdoshima est connue à l’étranger pour abriter certaines œuvres du Festival d’Art de Setouchi. Elle recèle également des sites sacrés datant des temps anciens dans lesquels les bonzes pratiquaient l'ascèse. Découvrons ici quelques-uns de ces lieux susceptibles de vous faire vivre de véritables expériences hors du réel.
Shôdoshima, une île étonnamment proche
Environ 80 minutes de vol de l’aéroport de Haneda (Tokyo) à celui de Takamatsu (dans le Shikoku) puis environ 40 minutes en car jusqu’à la gare JR-Takamatsu. De là, en 7 minutes à pied, vous arrivez au port ou vous prendrez le ferry qui vous amènera en 60 minutes jusqu’au port de Kusakabe sur l’île de Shôdoshima. C’est la seconde plus grande île de la mer intérieure de Seto, après l’île d’Awaji.
Le Festival International d’Art de Setouchi est un festival triennal d’art contemporain, qui a lieu sur douze îles de la mer intérieure et deux ports, dont Shôdoshima. Des œuvres d’art sont exposées dans toute l’île pendant l’événement, et même parfois au-delà, car certaines œuvres d’artistes internationaux y restent de façon permanente.
Une galerie d’art du photographe français Georges Rousse
Dans la galerie sont exposées trois œuvres du photographe français Georges Rousse représentant des ruines ou des bâtiments destinés à la démolition, sur lesquels sont tracés des motifs géométriques. Le concept est de conserver ces vieilles constructions sur la pellicule pour les accompagner dans leurs derniers instants. La mémoire des bâtiments qui ont vécu avec les humains et les ont accompagnés restera ainsi imprimée dans le cerveau de ceux qui auront vu ces œuvres.
Bienvenue dans un monde introspectif doré
Les dorures à la feuille d’or et de laiton dans la pièce à tatami près de l’entrée ont été réalisées par quatre artisans de Kyoto. Les feuilles d’or sont extrêmement minces et laissent visibles les irrégularités des supports, par exemple des tatamis. Mais le simple fait d’être doré donne la sensation d’approcher d’une autre dimension.
Il faut regarder cet espace en se déplaçant, pour voir soudain, comme en trompe-l’œil, se former un cercle parfait.
Rousse a créé cette œuvre parce qu’il est convaincu « qu’en harmonisant la lumière douce qui s’insinue de la galerie extérieure, un magnifique espace introspectif se crée, idéal pour cette maison ».
Ishii Jun a invité Georges Rousse à réaliser huit photographies dans des bâtiments qui avaient été endommagés par le séisme de Kobe en 1995. Cette relation s’est approfondie quand Ishii a demandé au même artiste de travailler sur l’ancienne maison de ses grands-parents. Rousse a accepté avec plaisir et a créé les trois œuvres toujours en place dans la maison transformée en galerie, avec la collaboration de bénévoles de tout le pays.
Sur le terrain de la maison, un café a été construit, tout en préservant l’esprit de la vieille maison traditionnelle. Des fruits de saisons, des en-cas et des pâtisseries confectionnés avec des légumes bio cultivés dans la région de Setouchi y sont proposés.












