Histoires sombres et autres mystères
Murakami Ryû, déjà bien présent sur la scène littéraire japonaise depuis l’ère Shôwa, a continué pendant l’ère Heisei sa carrière atypique. Miso Soup, publié en 1997 (éditions Philippe Picquier), est un roman qui ne laissera aucun lecteur indifférent. Il décrit la vie nocturne dans les bas-fonds de Tokyo. Cet univers sombre est également cher à Nakamura Fuminori, notamment dans son roman Revolver paru en 2003 (éditions Philippe Picquier). (Voir notre article : « Revolver » adapté au cinéma : rencontre avec Nakamura Fuminori, l’auteur du roman)
L’ère Heisei a également vu l’apparition de nombreux écrivains d’origine coréenne (zainichi) sur le devant de la scène littéraire ; citons notamment Yu Miri et son roman Sortie parc, gare d’Ueno (éditions Actes Sud). Il raconte l’histoire d’une personne sans-abri vivant en marge de la société nippone. Notons qu’il a remporté le prix littéraire du National Book Award, l’une des distinctions les plus prestigieuses des États-Unis. L’œuvre a été récompensée dans la catégorie « Traductions anglaises ». (Voir notre article : « Sortie parc, gare d’Ueno » : le livre de Yû Miri remporte le prestigieux prix littéraire National Book Award)
Parmi les maître du thriller et du suspense, citons Higashino Keigo et Kirino Natsuo. Pour le premier, on se souviendra notamment du roman Le Dévouement du suspect X, paru en 2005 (éditions Actes Sud). Le lecteur y fait la connaissance d’un mathématicien qui tente d’endosser la responsabilité d’un meurtre qu’il n’a pas commis. Ce roman consacrera Higashino Keigo roi du roman policier au Japon. Pour la deuxième, avec un univers similaire, le thriller Out (éditions Le Seuil) aura laissé une trace indélébile sur la scène littéraire. Paru en 1997, ce polar transporte le lecteur dans la vie de quatre femmes, dont la vie échappe à tout contrôle après avoir tenté de se débarrasser d’un corps. (Voir notre article : Kirino Natsuo, la romancière des jeunes filles perdues)
Quatre œuvres qui ont marqué l’ère Heisei
Les Années douces, Kawakami Hiromi (2001)
Dans un bar, une femme engage la conversation avec un homme beaucoup plus âgé qu’elle et se rend compte qu’il n’est autre que son ancien professeur de lycée. Peu à peu, se sentant tous deux extrêmement seuls, ils finissent par se rapprocher.
(Traduction française de Elisabeth Suetsugu, aux éditions Philippe Picquier)
La formule préférée du professeur, Ogawa Yôko (2003)
Un professeur de mathématiques a gardé de lourdes séquelles d’une blessure à la tête. Depuis, ses capacités de mémoires sont limitées à seulement 80 minutes. Une nouvelle aide ménagère a la lourde tâche de s’occuper de lui.
(Traduction française de Rose-Marie Makino-Fayolle, aux éditions Actes Sud)
Le Dévouement du suspect X, Higashino Keigo (2005)
Lorsqu’une femme tue son ex-mari violent, son voisin l’aide à couvrir le meurtre et à dissimuler le corps. Un inspecteur de police et son brillant ami physicien enquêtent pour découvrir le fin mot de l’histoire.
(Traduction française de Sophie Rèfle, aux éditions Actes Sud)
La fille de la supérette, Murata Sayaka (2016)
Une femme qui a du mal à adopter les codes de la société trouve un emploi dans une supérette, pensant qu’en suivant à la lettre le manuel de l’employé, elle trouvera un moyen de s’intégrer.
(Traduction française de Mathilde Tamae-Bouhon, aux éditions Gallimard, collection Folio)
(Photo de titre : de gauche à droite, Ogawa Yôko en 2007, Murakami Haruki en 2014, Kawakami Hiromi en 2016. Jiji Press)