60 fractures à 60 ans

Sakanoue Akane, dans le rôle de la détective débutante Nohara Megumi, apporte une bouffée d’air frais dans ce monde masculin de sang et de sueur. Elle aussi a joué toutes les scènes d’action presque entièrement sans doublure. Elle a même joué une scène difficile malgré une blessure pendant les répétitions.

Les membres de l'unité spéciale d'investigation dirigée par Torada s'attaquent au méchant. Sakanoue Akane est à gauche © 2022 Comité de production de BAD CITY
Les membres de l’unité spéciale d’investigation dirigée par Torada s’attaquent au méchant. Sakanoue Akane est à gauche. © 2022 Comité de production de BAD CITY

« Ce film a été réalisé grâce à l’équipe technique et aux acteurs, aux idées que chacun a apporté et au fait que tout le monde m’a suivi jusqu’au bout. Lorsque quelqu’un se donne à fond, vous savez que vous ne pouvez pas vous permettre de flancher, alors le feu s’allume et se propage à tout le monde. Même Sakanoue traverse ce genre de période difficile, elle reçoit des coups de poing, des coups de pied, elle est toute sanglante, et elle devient de plus en plus belle. C’est la détective débutante qui devient grande. »

« J'ai fait deux ans d'entraînement au tir avec les forces spéciales aux Philippines. Je peux démonter un Beretta ou un Government, les yeux bandés en cinq secondes, assemblés en sept secondes. »
« J’ai fait deux ans d’entraînement au tir avec les forces spéciales aux Philippines. Je peux démonter un Beretta ou un Government, les yeux bandés en cinq secondes, assemblés en sept secondes. »

Ozawa, lui aussi, est un combattant qui ne se contente pas de donner des coups de poing et des coups de pied, il montre une variété d’attaques digne d’un combattant d’arts martiaux mixtes. Cependant, il a entraîné ses « muscles de frappe » de base pour le tournage. Il a acheté un sac de sable à forme humaine et pendant un an, il a développé ses muscles de frappe.

« C’est très important. Quand un adversaire est devant vous, vous sentez s’il va vous frapper ou pas... Nous, on sait avoir l’air de frapper mais on ne frappe pas pour de vrai. Ça fait des dizaines d’années que je fais semblant, parce que je ne veux pas d’ennuis avec eux après, hein (rires) ! J’ai bien fait de me préparer. Quand vous me voyez de dos en train de frapper quelqu’un, avec tous ces muscles, vous y croyez pour de vrai (rires). Mes poings sont durs et mes coups plus forts. Alors, pour la dernière scène, j’ai frappé... disons pour de vrai, et ma main s’est cassée. “Non, mais t’es idiot ou quoi ?” ils m’ont dit, tous… » (rires)

Toujours impressionnant dans les scènes d’action non doublées, même après 60 ans © 2022 Comité de production de BAD CITY
Toujours impressionnant dans les scènes d’action non doublées, même après 60 ans. © 2022 Comité de production de BAD CITY

Il ne part pas à l’hôpital pour une malheureuse fracture, cela obligerait le tournage à s’arrêter Il a arrêté de compter, mais il pense s’être cassé une cinquantaine d’os jusqu’à présent.

« Et peut-être dix de plus, si ça se trouve ! 60 fractures à 60 ans, ce serait un bel anniversaire, non ?

Pour l’action, son modèle, c’est Chaplin

Au lycée, il aspirait à devenir joueur de baseball professionnel, mais il a quitté le club après avoir « tabassé un senior qui lui avait donné un coup de batte au cul ». Il séchait les cours et passait son temps à regarder des films à Ikebukuro et Shinjuku.

« J’ai vu pour la première fois La ruée vers l’or de Chaplin quand j’étais en troisième année d’école primaire, je crois. Les gens me demandent souvent ce qui m’a donné envie de devenir acteur. Il n’y a pas une raison particulière, mais Chaplin a toujours été dans mon cœur. Même Chaplin n’était pas un débutant. Dans Charlie (1993), Robert Downey Jr. joue Chaplin, et il s’est cassé le bras deux fois en tombant. C’est dire à quel point le vrai Chaplin était génial. »

« Les trois plus grandes stars que j'idolâtrais quand j'étais jeune étaient Chaplin, Bruce Lee, puis plus tard, Emmanuelle. »
« Les trois plus grandes stars que j’idolâtrais quand j’étais jeune étaient Chaplin, Bruce Lee, puis plus tard, Sylvia Kristel ! »

« Chaplin met son corps en danger pour faire rire les gens. C’est pourquoi je veux mettre mon corps en jeu pour faire bouger les gens. Les films de Chaplin peuvent vous faire pleurer et rire, mais l’essentiel est l’action. Lorsque j’ai dit cela à Obayashi Nobuhiko il y a longtemps, il m’a répondu : “Tu as raison. L’action est la base du cinéma.” Je me souviens encore de la joie que j’ai ressentie lorsqu’il m’a dit ça. Mais je ne fais pas du cinéma juste pour faire l’action, ce que je veux, c’est impressionner le public. C’est pourquoi même si j’ai le budget et que je peux utiliser des cascadeurs, je le ferai sans doublage. »

Les récits édifiants ne manquent pas, comme l’épisode du séjour dans les tristement célèbres bidonvilles de Smoky Mountains aux Philippines pendant le tournage.

« J’aime ce genre de sensation de picotement. Le Japon est tiède et ennuyeux. C’est pourquoi je veux tout faire moi-même. Cette fois, je l’ai écrit moi-même, j’ai réuni les fonds et je joue le rôle. Si quelqu’un d’autre l’avait produit, pensez-vous qu’il m’aurait laissé jouer ce rôle à 60 ans ? Je ne pense pas. C’est impossible, et si je me blesse ? ... Bref, ça veut dire que je vais devoir continuer à les faire moi-même pour le reste de ma vie. »

« Ma première apparition sur l’écran était dans le film Hitonatsu no dekigokoro (Un jour en été), un roman porno de la Nikkatsu (1984, réalisé par Katô Fumihiko). Dans la scène du lit, le réalisateur m’engueule : “Qu’est-ce qui te prend ? Tu fais de la brasse au lit ?” Je faisais ce que je faisais en vrai, mais quand on filme, c’est pas pareil, hein ! (rires). »
« Ma première apparition sur l’écran était dans le film Hitonatsu no dekigokoro (Un jour en été), un roman porno de la Nikkatsu (1984, réalisé par Katô Fumihiko). Dans la scène du lit, le réalisateur m’engueule : “Qu’est-ce qui te prend ? Tu fais de la brasse au lit ?” Je faisais ce que je faisais en vrai, mais quand on filme, c’est pas pareil, hein ! (rires). »

« C’est la fin de ma carrière d’acteur et le début d’une nouvelle vie. Il me reste peut-être dix ans, alors je vais profiter de la vie à partir de maintenant. Je voudrais devenir archéologue. J’étudie sérieusement, si, si. Je fais l’acteur depuis 40 ans et j’ai travaillé jusqu’à 60. Quand je pars à l’étranger, mon rêve est d’écrire “professeur” dans la case “profession” (rires). Faire l’acteur, ça suffit comme ça. Un jour, l’agent de l’immigration m’a demandé dans quel genre de film je jouais. Alors j’ai répondu « Un film de yakuzas », et il me dit « Allez dans cette pièce, s’il vous plaît » (rires). Et là, ils me fouillent partout, la totale ! Non, mais ça va, j’ai dit un film, quoi ! Les cons ! »

(Photos : Hanai Tomoko)

© 2022 Comité de production de BAD CITY
© 2022 Comité de production de BAD CITY

Le film

  • Acteur principal / producteur exécutif / scénariste : Ozawa Hitoshi
  • Réalisateur / réalisateur des scènes d’action : Sonomura Kensuke
  • Année de production : 2022
  • Pays d’origine : Japon
  • Durée : 117 minutes.
  • Site officiel : www.badcity2022.com

Bande-annonce