Un nouveau personnage
Le film, produit 17 ans après la série télévisée, adopte une esthétique et une ambiance différentes. Si le style visuel reste inspiré des rouleaux d’estampes anciennes, la conception des personnages a été confiée à la mangaka Nagata Kitsuneko, qui a complètement réimaginé le vendeur de remèdes, ainsi que son épée, sa balance et sa boîte à remèdes.
Comme dans la série télévisée, ce dernier reste une figure énigmatique, dont les origines et la personnalité demeurent volontairement obscures. Cependant, le personnage du film diffère légèrement de celui de la série originale.
« Le vendeur de remèdes est au cœur de l’essence de Mononoke. Je n’ai jamais envisagé d’utiliser un autre protagoniste », affirme Nakamura. Afin de conserver l’esprit du personnage tout en lui apportant une nouvelle dimension, le réalisateur a passé plus de dix mois à travailler sur son design.
Conscients de l’attrait grandissant de la série à l’étranger, les créateurs ont redoublé d’efforts pour mettre en avant les éléments visuels typiquement japonais dans le film. Cela s’est traduit par une utilisation accrue de motifs inspirés des estampes ukiyo-e et de l’art japonais traditionnel.
« Il est délicat de trouver un équilibre entre la stylisation et une esthétique authentique. Les estampes ukiyo-e se caractérisent par leurs surfaces planes et leurs arrière-plans clairement délimités. Mononoke reprend ce style visuel, qui le distingue des autres animes, tout en veillant à ne pas rendre les images trop tape-à-l’œil », explique le réalisateur.
Les textures inspirées du papier washi ajoutent une autre couche d’unicité à l’esthétique du film. Du véritable papier japonais a été utilisé comme filtre d’écran, mais la palette de couleurs diffère subtilement de celle des ukiyo-e traditionnels. Le cadre somptueux des ôoku, par exemple, présente des teintes plus saturées que celles de la série télévisée, créant un visuel éclatant qui semble particulièrement plaire aux spectateurs étrangers.
L’essence de Mononoke
Les changements survenus dans la société au cours des 17 années qui séparent la série télévisée du film se reflètent également dans le ton de l’œuvre.
« La série télévisée a été créée à une époque où l’avenir semblait encore prometteur. Nous voulions explorer des histoires sombres. Aujourd’hui, nous vivons dans une époque incertaine, avec une abondance de récits inquiétants sur les réseaux sociaux. Il n’y a plus besoin d’ajouter de la noirceur dans le domaine du divertissement. C’est la principale raison pour laquelle la série a évolué », explique Nakamura.
Cependant, certaines choses restent inchangées. « L’élément central, c’est la présence du vendeur de remèdes. Ensuite, il y a les récits basés sur les tourments émotionnels, ancrés dans une réalité palpable. Il est crucial que le spectateur ressente quelque chose lorsque le vendeur de remèdes exorcise un mononoke avec son épée. Même si c’est de la fiction, je voulais offrir une histoire dont les émotions soient réelles. »
Tout comme la série télévisée, le film regorge d’une incroyable richesse visuelle et sonore.
« De nos jours, le public a souvent tendance à chercher des divertissements faciles à consommer. Il est pourtant parfois préférable de regarder quelque chose qui pousse à la réflexion. J’ai voulu raconter une histoire captivante et rythmée, tout en prenant le temps de développer des événements complexes », ajoute-t-il.
Une trilogie en perspective
À la surprise générale, Mononoke, le film : Un fantôme sous la pluie n’est que le premier volet d’une trilogie. Le deuxième film, intitulé Hinezumi (« Le Rat de Feu »), est prévu pour mars 2025.
« Chacun des protagonistes du film joue un rôle clé dans l’histoire à venir », révèle Nakamura. « Les récits de nombreux personnages secondaires prendront vie dans les prochains volets. »
L’aventure du nouveau vendeur de remèdes ne fait que commencer.
Bande-annonce
Le site officiel (en japonais) : https://www.mononoke-movie.com/
(Photo de titre : © Twin Engine)







