La plupart des jeunes ne connaissent pas le nom du nouvel empereur du Japon
Que savent au juste les jeunes japonais de la famille impériale ? Sur les 30 personnes que nous avons interrogées, seulement 4 connaissaient le nom de l’empereur retiré Akihito, 7 celui de son épouse Michiko, et à peine 2, celui du nouveau souverain du Japon Naruhito. En revanche, un tiers d’entre eux savaient que le prince Akishino occupe à présent la première place dans l’ordre de la succession au trône.
Au total, 2 sur 30 seulement des personnes interrogées ont été en mesure de donner le nom exact de l’empereur retiré, de son épouse, du nouvel empereur et de son successeur présomptif. Il s’agit de l’étudiant de troisième cycle interviewé devant l’Université de Tokyo dont il a été question plus haut, et d’un élève d’un lycée technique de 18 ans, habitant la ville de Fuji, dans la préfecture de Shizuoka que nous avons rencontré à proximité du sanctuaire Yasukuni.
Une image mitigée de l’ère Heisei
À la question « Qu’est-ce que l’ère Heisei pour vous ? », chacun de nos jeunes interlocuteurs a répondu à sa manière. Beaucoup ont dit que pour eux cette période était celle de « grandes avancées techniques entre autres le smartphone », en insistant sur les progrès des technologies de l’information. Nombreux sont ceux qui gardent une image positive de l’ère Heisei. « C’est l’époque où je suis né, où j’ai grandi et donc, j’y suis particulièrement attaché. » « C’est une bonne période marquée par la paix. »
Certains portent au contraire un regard négatif sur l’ère qui vient de s’achever, en particulier parmi ceux que nous avons rencontrés à l’entrée de Tôdai. Pour eux, « c’est une période de récession économique » où il a fallu « endosser le poids des générations les plus âgées, en particulier le système des retraites ». Ils en gardent « l’image d’un naufrage » et de « deux décennies perdues ».
D’autres encore, très marqués par le séisme de forte intensité suivi d’un monstrueux tsunami qui a dévasté le nord-est du Japon le 11 mars 2011 ont mis l’accent sur les « multiples catastrophes naturelles » de l’ère Heisei.
(Pour plus de détails sur le bilan de l’ère Heisei, voir notre dossier spécial : L’ère Heisei en un coup d’œil)
Un employé de 27 ans venu de la préfecture d’Osaka pour visiter le sanctuaire Yasukuni a dit « L’ère Heisei s’est passée en un clin d’œil ». Et l’étudiant de troisième cycle rencontré près de l’entrée de l’Université de Tokyo a conclu avec philosophie que « l’ère Heisei vient de s’achever. Il va me falloir un certain temps de réflexion pour comprendre ce qu’elle a été ».
À en juger par les réponses que nous avons recueillies lors de notre enquête du mois de mars 2019, les jeunes japonais semblent avoir une opinion plutôt favorable de l’empereur et du système impérial, même s’ils s’y intéressent d’assez loin. Ils sont en tout cas fermement opposés à l’abolition de ce régime. Ils donnent aussi l’impression d’avoir vécu l’ère Heisei et le règne de l’empereur Akihito comme une période relativement heureuse, en dépit des multiples catastrophes naturelles et de la récession économique qui l’ont marquée.
(Reportage et texte : Sugihara Yuka, de Power News. Photo de titre : le 1er avril 2019, des T-shirts arborant le nom de la nouvelle ère « Reiwa » ont été distribués gratuitement dans les rues de l’arrondissement de Shibuya, à Tokyo. Jiji Press)
