Pour accompagner le patient étranger, place au coordinateur médical

« Avant la crise du Covid, nos clients se répartissaient également entre les soins d’une part, et les diagnostics et les examens médicaux de l’autre. Néanmoins, lorsqu’il s’agit de soins au Japon, il est fréquent que les choses ne soient pas conformes aux souhaits du patient, et seuls 10 à 20 % des personnes qui nous contactent parce qu’elles aimeraient se faire soigner au Japon le font vraiment. »

La médecine japonaise a assurément plusieurs atouts, mais le Japon présente aussi des difficultés pour les patients étrangers.

Il y a tout d’abord le mur de la langue. À moins de parler japonais, un non-Japonais ne pourra comprendre précisément les explications qui lui seront données sur sa maladie. Et s’il ne comprend pas les explications du médecin qui utilise des termes médicaux sur les thérapies et le diagnostic, il lui sera impossible de recevoir le traitement qui lui convient.

Vient ensuite la difficulté de chercher un établissement de soins. Les hôpitaux acceptant des « touristes médicaux » sont encore rares, parce qu’il ne leur est pas facile de trouver du personnel parlant des langues étrangères. Pour une personne n’habitant pas au Japon et ne parlant pas le japonais, choisir un hôpital digne de confiance et prêt à l’accepter n’est pas facile.

Le coût financier est aussi élevé. Les non-Japonais qui ne sont pas affiliés à l’assurance médicale publique japonaise deviennent des patients qui doivent payer la totalité de leurs frais médicaux eux-mêmes. S’ils engagent un interprète, cela génère d’autres coûts. Les forfaits du JTB pour de voyages médicaux incluant des examens et des diagnostics ont un prix moyen compris entre 500 000 et 700 000 yens (3 000 - 4 200 euros), mais Matsushima précise que s’il y a des traitements, leur montant attiendra plusieurs millions de yens, voire des dizaines de millions.

(Pixta)
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Le travail du coordinateur médical est d’aider les touristes médicaux à surmonter ces diverses difficultés.

Concrètement, son rôle est de proposer une assistance complète, fourniture d’informations relatives aux soins, notamment sur les divers hôpitaux, prise de rendez-vous et réalisation des démarches nécessaires, rédaction de devis sur le coût des soins, coordination des contacts avec les soignants, recrutement des interprètes, en passant par l’achat des billets d’avion et autres moyens de transport, les réservations d’hôtels, et l’accueil à l’arrivée au Japon.

Le gouvernement japonais s’efforce aussi de faciliter l’acceptation de patients étrangers. Il a créé le portail Japan Hospital Search, qui offre toutes les informations nécessaires aux touristes médicaux, où l’on peut trouver les références de coordinateurs médicaux de qualité, ainsi que la liste des hôpitaux disposés à accueillir d’accueillir ce genre de patients.

Matsushima Takanori explique : « Si un patient qui ne parle pas japonais se présente à l’improviste dans un hôpital, cela peut avoir des conséquences négatives, car l’établissement sera incapable de s’en occuper. Il faut par ailleurs empêcher des situations dans lesquelles les patients repartent dans leur pays d’origine sans avoir payé leur note d’hospitalisation. Notre rôle à nous, coordinateurs, est de faire en sorte que cela ne se produise pas, tout en veillant à ce que les soins souhaités par les patients étrangers soit réalisés sans problème. »

Le tourisme médical est à la fois une « industrie » destinée à attirer plus de touristes au Japon grâce à la haute qualité de la médecine japonaise, mais il relève aussi de la contribution internationale du pays à l’amélioration de la santé dans le monde par la médecine.

« Notre travail est de susciter des échanges interpersonnels au niveau mondial à travers les traitements médicaux et les soins. Je considère qu’aider les personnes qui vivent en dehors du Japon et n’y ont pas accès est mon travail en tant qu’employé de JTB, mais aussi que c’est une tâche importante en tant qu’être humain. »

(Reportage et texte de Sugihara Yuka et Power News. Photos d’interview : © Ikazaki Shinobu)