La nécessité de remplacer les installations vieillissantes

Si le gouvernement a l’intention de prolonger le recours à l’énergie nucléaire – même en petite quantité –, il doit faire tout son possible pour réduire les risques. La façon la plus sûre d’y parvenir consiste à n’utiliser que les équipements les plus récents.

Dans l’état actuel des choses, il se trouve toutefois que les usines atomiques du Japon ne billent nullement par leur nouveauté. La moitié des réacteurs (22) sont des réacteurs à l’eau bouillante (BWR) et seuls quatre d’entre eux des réacteurs à l’eau bouillantes avancés (ABWR) intégrant les technologies les plus récentes. L’autre moitié (21) consiste en réacteurs à l’eau bouillante sous pression (PWR), mais il n’en existe aucun du modèle plus récent à l’eau sous pression avancé (APWR) ou AP1000.

Si l’on veut vraiment que le nucléaire joue un rôle dans le futur énergétique du Japon, il convient de remplacer les installations vieillissantes par les équipements les plus récents installés sur le même site. Jusqu’ici pourtant, le gouvernement, qui n’a pas fait la moindre allusion à un projet de remplacement, semble se contenter de prolonger tranquillement la durée de vie des installations existantes. Ce faisant, il va immanquablement se voir reprocher de vouloir maintenir l’industrie nucléaire en vie sans prendre le risque de le dire ouvertement.

Bien entendu, les réticences en ce qui concerne les remplacements s’expliquent par la volonté déclarée de réduire la dépendance du pays vis-à-vis de l’énergie nucléaire, conformément aux attentes du public. En procédant au remplacement des installations vieillissantes, le gouvernement risquerait de se voir soupçonné de ne pas être sérieux dans sa volonté de retrait progressif du nucléaire. Et même s’il remplace les installations les plus vieilles, il doit aller plus loin et faire avancer le processus de fermeture en visant à ramener à 15 % la part du nucléaire dans la satisfaction des besoins énergétiques de la nation. La construction de nouvelles installations dans un contexte de dépendance minimale vis-à-vis de l’énergie nucléaire constitue la seule option responsable en ce qui concerne l’avenir de l’utilisation de l’énergie nucléaire.

Le refus de tout débat sérieux

Le gouvernement va inévitablement être sévèrement condamné par le public s’il pense qu’il peut perpétuer la dépendance de la nation vis-à-vis du nucléaire pour la satisfaction de ses besoins énergétiques en se contentant de prolonger la durée de vie des réacteurs existants sans procéder à leur modernisation, alors même qu’il s’est engagé à réduire cette dépendance au minimum. S’il continue à esquiver tout débat sérieux sur cette question, il y a peu de chances que l’énergie nucléaire puisse satisfaire ne serait-ce que 15 % des besoins énergétiques du pays en 2030, et encore moins atteindre l’objectif des 20 à 22 % qu’il s’est lui-même fixé.

Bref, la reprise des activités de la compagnie d’électricité de Kyûshû à la centrale de Sendai ne va pas déclencher une avalanche de redémarrages et 2015 ne risque guère de marquer le retour en force de l’énergie nucléaire au Japon.

(D’après un original en Japonais publié le 22 septembre 2015. Photo de titre : la centrale de Sendai, exploitée par la compagnie d’électricité de Kyûshû, dans la préfecture de Kagoshima. Jiji Press)
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