L’influence de la météo

L’économie japonaise peut aussi s’attendre pour le moment à une progression équilibrée des exportations et des importations. Le nombre de touristes étrangers au Japon continue d’augmenter : on peut donc s’attendre à une hausse de la consommation touristique.

L’impact des conditions climatiques ne peut être négligé. Les années où les fleurs de cerisiers éclosent plus tôt et où la durée entre éclosion et pleine floraison est longue, la phase d’expansion de la conjoncture se poursuit souvent pendant plus d’un an. Les gens ont plus de chances d’aller les admirer, et cela se traduit par une énergie accrue au début de l’exercice budgétaire. En 2017, les cerisiers ont éclos le 21 mars, cinq jours plus tôt que la moyenne. La date de leur floraison complète était le 2 avril, douze jours plus tard, un intervalle quatre jours plus long que d’ordinaire. (Voir nos articles sur les cerisiers)

Les typhons de septembre et d’octobre dernier ont eu un impact négatif sur l’économie japonaise, mais le temps de cet hiver sera sans doute un facteur positif. Le phénomène La Niňa constaté en décembre, une première depuis six ans, devrait conduire à un hiver plus froid. Tant qu’il n’engendre pas de chutes de neige entraînant des dommages importants, le froid devrait avoir un impact positif sur la consommation de produits hivernaux.

Amélioration de l’emploi

Alors que l’expansion de la conjoncture se poursuit lentement mais sûrement, l’emploi s’améliore notablement. Le rapport offres-demandes a atteint, avec 1,55 en octobre, son niveau le plus élevé depuis janvier 1974, quand il était de 1,64.

Le taux de chômage total est passé en-dessous de 2,8 % dans le trimestre août-octobre de 2017, et cela devrait conduire à une progression des salaires. Si les négociations de mars prochain à ce sujet aboutissent à une augmentation de 3 %, on peut s’attendre à une progression de la consommation individuelle.

L’amélioration de l’environnement de l’emploi conduit aussi à une baisse de la criminalité et des suicides. D’après l’Agence de police, le nombre de crimes et délits pénaux, de 1,4 million en 2012, n’a cessé de diminuer depuis chaque année, et en 2016, il est passé en-dessous d’un million avec 996 000. Cette tendance baissière s’est poursuivie pendant la première moitié de 2017, avec 451 000 crimes et délits, soit 7,7 % de moins par rapport à la même période de l’année précédente. Le nombre annuel de suicides, de l’ordre de 30 000 par an depuis la crise financière, est descendu à 22 000 en 2016, son niveau le plus bas depuis 22 ans. De plus, entre janvier et novembre 2017, il a reculé de 3 % par rapport à l’année précédente. La stabilité de la société sous-tend probablement la poursuite de l’expansion de la conjoncture.

Le taux de satisfaction des individus par rapport à leur qualité de vie, selon l’enquête d’opinion menée par le bureau du Cabinet pour 2017 montre que 73,9 % se trouvent « satisfaits », ou « plutôt satisfaits », le niveau le plus haut depuis 1964, l’année où cette enquête a été réalisée pour la première fois.

En 2018, l’économie japonaise aura probablement une vigueur suffisante pour rebondir même en cas de tensions internationales, par exemple avec la Corée du Nord, ou en cas de problèmes climatiques. On peut s’attendre à la poursuite de l’expansion de la conjoncture d’une manière stable, certes lente, mais équilibrée entre la demande intérieure et extérieure.

(D’après un original en japonais. Photo de titre : Jiji Press)