Vers la création d’une qualification officielle
Pour Mme Yamamoto, si le problème de la qualité de l’éducation du japonais a longtemps été négligé, c’est parce que la société a toujours eu une opinion plutôt négative des enseignants en japonais.
« Il existe une idée persistante qui veut que n’importe quel Japonais soit capable d’enseigner le japonais : autant donc laisser ce genre de travail à des femmes au foyer qui ont du temps libre. »
Mais en réalité, les enseignants doivent désormais avoir des capacités plus élevées que par le passé. « Auparavant, on supposait que les étrangers restaient temporairement au Japon et qu’ils retourneraient dans leur pays. Aujourd’hui, on prend en compte le fait qu’ils résideront définitivement ici. Leur assimilation dans la société japonaise devient donc essentielle. Les enseignants doivent non seulement leur apprendre la langue pendant les cours, mais également avoir les capacités pour concevoir, mettre en œuvre et gérer des programmes d’apprentissage sur le terrain, notamment dans les communautés locales. Il est aussi nécessaire de savoir utiliser les technologies de l’information et de la communication. Par ailleurs, les apprenants se diversifient. Il faut être hautement qualifié et avoir un sentiment aigu des responsabilités. Enseigner le japonais est un travail qui nécessite plus de temps que par le passé. Dans ce contexte, la pénurie d’enseignants n’a jamais été aussi grave. »
Il n’y a pas de certificat national pour devenir enseignant de langue japonaise. Actuellement, l’État envisage de créer une qualification officielle. Cependant, même si le statut des enseignants s’améliore dans la société grâce à cette initiative, cela ne conduira pas forcément à une amélioration immédiate de leurs conditions d’emploi. En tout état de cause, à moins qu’il y ait un soutien public en vue d’un meilleur traitement des enseignants ou la reconnaissance des bonnes écoles, il sera difficile d’améliorer la qualité de l’enseignement du japonais.
(Photo de titre : séminaire sur la recherche d’emploi pour étudiants étrangers, le 17 mars 2018 à Belle Salle Shiodome, dans l’arrondissement de Minato, à Tokyo. Jiji Press)