La relation bilatérale en matière de sécurité

— Vous venez d’effectuer une visite des bases américaines d’Okinawa, votre première depuis vingt ans. Il a été décidé de déplacer 9 000 marines d’Okinawa vers Guam et d’autres sites de l’Asie-Pacifique, ce qui montre que les États-Unis et le Japon sont parvenus à un accord adéquat. Et pourtant les relations bilatérales en matière de sécurité ne semblent pas s’être approfondies au cours des dernières décennies. Quel est votre point de vue là-dessus ?

Michael Armacost s’est rendu récemment à Okinawa pour la première fois depuis vingt ans (photo : Fondation Sasakawa pour la paix)

ARMACOST  Lorsque j’étais au Japon, et jusqu’à la fin de la guerre froide, l’alliance s’apparentait à une relation « à distance ». Nous n’avions pas de commandement unifié et très peu de bases à usage conjoint, voire aucune. C’était un arrangement adapté à la période de la guerre froide, au titre duquel vous nous fournissiez les bases et nous vous apportions une garantie stratégique. Mais il n’existait pas beaucoup d’interaction entre nos militaires en uniforme. Il me semble que sous Koizumi Jun’ichirô, la Loi sur les mesures spéciales a permis au Japon de prendre des responsabilités internationales et de déployer des unités à l’étranger —pas à des fins de combat, mais pour des missions de reconstruction humanitaire en Iraq et pour une mission maritime dans l’océan Indien(*2). Et notre relation s’en est trouvée bien changée, dans le sens où l’alliance est devenue plus équilibrée et a commencé à fonctionner dans des zones plus éloignées du Japon et de son voisinage immédiat. Outre cela, l’interaction entre nos armées a pu se développer. C’était un grand changement par rapport à l’époque où je me trouvais ici.

Je pense aussi que l’opération Tomodachi a permis que s’établisse le genre de coopération très étroite entre les services qui s’avère précieuse pour les missions internationales de secours en cas de catastrophe. C’est un domaine où nous sommes plutôt bons et il me semble que nous avons de la marge de manœuvre pour collaborer davantage.

Je pense que c’est entre nos marines respectives que les progrès de la tradition de coopération sont les plus manifestes. Mais je pense que là aussi notre collaboration peut encore s’améliorer, d’autant que le renforcement des capacités navales de la Chine figure parmi les défis que nous allons devoir relever.