Les échanges culturels et scolaires
— Yamamoto Tadashi, président du Centre japonais pour les échanges internationaux, est décédé le 15 avril. Ce fut une grande perte pour les relations bilatérales, car il avait fait beaucoup pour les relations internationales à un niveau non gouvernemental et pour le dialogue entre le Japon et les États-Unis. Diriez-vous que ces deux pays ne font pas suffisamment d’efforts pour promouvoir les échanges citoyens en vue de développer les ressources humaines susceptibles de contribuer au rapprochement entre nos deux nations ?
ARMACOST Je connaissais Tadashi depuis quarante ans. C’est comme s’il faisait partie de ma famille. C’était un homme unique en son genre.
J’enseigne à Standford et il est vrai que je vois beaucoup moins d’étudiants japonais. Je le regrette. Après le tsunami, l’Asia Foundation — dont je suis le président — a collecté en très peu de temps cinq ou six millions de dollars pour aider les victimes de la catastrophe et cette assistance a été distribuée principalement par le biais de la Croix rouge. Je pense que les liens relevant de la société civile entre organisations non gouvernementales ont prospéré, alors même que certains programmes d’échange ont décliné en termes de nombres de gens effectuant des allers et retours. Je pense qu’il y a beaucoup de travail à faire, mais je suis tout particulièrement inquiet en ce qui concerne les échanges scolaires, parce que les effets des relations qui se forment maintenant se feront vraiment sentir dans dix, quinze ou vingt ans. Faute de maintenir ces échanges à un niveau élevé, nous allons assurément perdre quelque chose dans notre relation.
La combinaison de la fixation de l’Amérique sur la Chine et du repli sur soi du Japon m’inquiète. Elle a un impact indéniablement négatif sur la résonance et la vitalité de nos échanges culturels et scolaires. Je sais que l’ambassadeur John Ross se sent concerné par ce problème et y travaille dur. Je pense que ce doit être une grande priorité pour les deux gouvernements autant que pour les gens qui n’en font pas partie.
(Interview effectuée par Harano Jôji, directeur délégué de la Nippon Communications Foundation. Photos de Kawamoto Seiya.)
(*1) ^ Nom de l’opération de secours menée par l’armée des États-Unis après le Grand séisme de l’Est du Japon, survenu le 11 mars 2011. D’après le commandement des troupes américaines stationnées au Japon, 24 500 militaires ont été affectés à cette opération, au point culminant de laquelle 24 navires et 189 avions ont été impliqués. Outre cela, l’armée américaine a distribué 280 tonnes d’aliments, 7,7 millions de litres d’eau et 45 000 litres de combustible, pour un total de 3 100 tonnes de cargaison. [N.D.L.R.]
(*2) ^ Référence spécifique à la Loi sur les mesures spéciales de lutte contre le terrorisme, passée en 2001, et aux Mesures spéciales sur l’assistance et la reconstruction en Iraq, prises en 2003. [N.D.L.R.]
