Le processus de création d’une marque locale
Dans un pays où il y a une aussi grande variété de produits régionaux, ceux-ci peuvent facilement passer inaperçus. « Au Japon, il y a des tas de choses intéressantes, partout où l’on va », affirme Justin Potts. « Certains endroits sont réputés pour leur eau pure, leurs montagnes, la mer ou l’océan, mais ils ne sont pas les seuls à disposer de ces merveilles naturelles. » Aujourd’hui, pour attirer l’attention, il ne suffit pas de fabriquer du bon saké ou d’avoir une histoire intéressante. Les habitants des communautés rurales qui veulent se faire connaître doivent unir leurs efforts pour présenter leurs produits sous des marques locales uniques.
Mettre en relation les fermiers et les consommateurs n’est qu’une des multiples tâches qui font partie du processus de création d’une marque locale. Les communautés rurales doivent commencer par faire l’effort de comprendre la valeur de leurs produits du point de vue tant agricole que culturel ou même historique et conditionner ceux-ci de façon à montrer ce qu’ils ont d’unique. Ce travail peut s’avérer particulièrement ardu pour des communautés locales qui n’ont qu’une expérience limitée en la matière. La MUM, un des projets dans lequel Justin Potts est impliqué, a été conçue pour faire face à ce problème.
La MUM a été fondée en 2009 pour tenter de constituer de nouvelles communautés. Elle propose un vaste éventail de cours donnés en début de matinée sur des thèmes qui vont de l’action sociale à la nourriture et au tourisme local en passant la santé physique et mentale. Beaucoup de ces conférences portent sur des sujets liés au milieu rural et elles constituent une piste de recherches pour les habitants de la région de Tokyo.
Justin Potts fait partie des intervenants d’un séminaire de la MUM intitulé « Producing Japan » (Mettre le Japon en scène). Celui-ci passe en revue les problèmes de la production locale y compris par le biais de travaux pratiques sur le terrain et de déplacements dans des zones rurales. Un des aspects les plus importants de ce séminaire c’est qu’il met les élèves — souvent issus de milieux professionnels très divers — en relation avec des producteurs locaux. La plupart de ceux qui le suivent sont motivés par une volonté de s’engager. « Il y a là des gens qui ont une expérience globale et sont complètement passionnés par l’avenir social et économique du Japon. Ils sont à la recherche de pistes qui leur permettent de mettre leur expérience à contribution. C’est un énorme potentiel encore inexploité. »

