Être lu en dehors du Japon
Murakami Haruki est l’écrivain japonais le plus connu dans le monde, et ses œuvres sont traduites dans de nombreuses langues. Plusieurs des romans de Yoshida ont aussi été traduites. Quels sentiments cela éveille-t-il en lui ?
« Depuis une dizaines d’années, chaque fois que je publie un nouveau roman au Japon, il est rapidement traduit en chinois et en coréen. Cela a fait que je suis aujourd’hui plus ou moins conscient de mes lecteurs non-japonais. Par exemple, autrefois, je pouvais parler d’un “Chinois”. Aujourd’hui, je me dis que des Chinois vont lire ce que j’écris. Et je me rends compte qu’autrefois j’utilisais une nationalité comme un code, sans plus penser y penser que cela. »
Son premier roman traduit en anglais a été Akunin (Le Mauvais). Le Wall Street Journal l’a comparé dans une critique parue dans son édition électronique à Millenium, le roman policier suédois de Stieg Larsson, une comparaison qui a ravi Yoshida.
Ikari est dans la même veine, avec de nombreuses caractéristiques du thriller psychologique et du roman policier. Il saura sans doute captiver un grand nombre de lecteurs s’il est publié en anglais, et pourrait probablement faire l’objet d’un remake qui serait distribué dans le monde entier, non ?
« Une histoire peut se dérouler n’importe où dans le monde, et cela ne s’applique pas seulement à ce roman, et peuvent. Par exemple, une histoire qui se passe à Séoul peut être transposée à Tokyo sans que cela ne choque. La situation (des gens qui vivent) en Amérique ou en Europe, ce qu’ils font, est à peu près semblable. Il y a peu de temps, je me suis dit quand je buvais un café dans un Starbucks à New York que la vie à New York est la même qu’à Tokyo. Où que l’on se trouve, les gens du monde d’aujourd’hui ressentent à peu près partout la même chose. »
Yoshida Shūichi est apparemment convaincu que décrire la société japonaise, les Japonais d’aujourd’hui, a un caractère universel. Il ne tire nullement d’orgueil de sa position naturelle aujourd’hui.
(D’après un article de Itakura Kimie, Nippon.com, paru le 15 septembre 2016. Photos : Hanai Tomoko.)
