Après Twitter ou Airbnb, la reconnaissance de BionicM au SXSW
Après avoir réussi son master en ingénierie, Sun a accepté une position chez Sony, où il a été assigné à la division de développement des enceintes audio, qui impliquait l’acquisition, l’assemblage et l’augmentation de la qualité sonore. Un travail que Sun a apprécié, même s’il n’était pas lié à son souhait de développer des piles à combustible.
Mais à cette époque, un problème le préoccupait : avec sa nouvelle jambe, il avait tendance à chuter, ce qui renforçait davantage son désir de développer une prothèse résistante aux chutes.
Décidant donc d'œuvrer à la création de prothèses de jambe, Sun a quitté Sony après seulement deux ans en 2015 avant de s’inscrire en doctorat à l’Université de Tokyo. Le laboratoire d’ingénierie des systèmes d’information, qui menait des recherches sur les robots humanoïdes, est devenu son nouveau terrain d’expérimentation.
« Une fois que j’ai acquis les compétences nécessaires pour développer des jambes bioniques, j’ai immédiatement voulu travailler pour un fabricant de prothèses. J’ai déposé une candidature pour un stage chez un manufacturier allemand, mais je n’ai pas reçu de réponse. J’ai réalisé, après la fin se mon doctorat, qu’il n’y avait nulle garantie pour moi de trouver un emploi quelque part qui puisse me laisser développer les prothèses qui m’intéressent. C’est pourquoi j’ai décidé de fonder ma propre compagnie », déclare Sun.
Un tournant de sa vie a été l’entrée de l’équipe de Sun à l’un des plus importants évènements de l’industrie au monde, le SXSW d’Austin, au Texas, lors duquel elle a remporté le prix de l’innovation interactive. Parmi les gagnants de ce prix aux expositions passées, on retrouve des compagnies comme Twitter et Airbnb. Soudain, cet équipement, qui deviendrait plus tard BionicM, était sous le feu des projecteurs.
Sun explique : « Intégrer la robotique au corps humain est un projet particulièrement difficile sur le plan technique. Je pense que les juges ont aimé notre concept d’une prothèse innovante qui puisse améliorer la mobilité des utilisateurs. Notre jambe bionique n’était qu’au stade de développement, mais nous avons fait une démonstration convaincante qui a permis aux gens de se faire une idée des possibilités d’une telle technologie. »
Si la reconnaissance du SXSW lui a permis de faire connaître son invention par beaucoup de monde, dont notamment des investisseurs, la prothèse n’était « toujours pas assez avancée pour être utilisable dans la vie quotidienne », note-t-il.
Créer des prothèses « tendance »
L’un des principaux obstacles au développement du projet a été la nécessité de rendre la prothèse plus légère, plus sûre, et plus durable. Sun est conscient de ces défis :
« Une prothèse doit être suffisamment puissante pour supporter le poids de l’utilisateur en utilisant seulement une petite zone de la section transversale du membre. Une jambe bionique étant un objet que l’on porte, elle doit impérativement être la plus légère possible. Et puisqu’elle est utilisée tous les jours, elle doit également être durable. Les prothèses peuvent aussi être dangereuses si elle n’effectuent pas les bonnes actions en fonction de la posture et des mouvements de l’usager. Prédire les pas de l’utilisateur et contrôler la jambe afin qu’elle complète ses mouvements de manière appropriée est une tâche difficile. »
Mais l’aspect extérieur est également important. « De nombreux utilisateurs de prothèses dissimulent leurs membres artificiels. J’aimerais changer cela. Personne ne désire perdre une jambe, mais pour ceux qui n’ont pas eu le choix, j’essaye de créer une prothèse “tendance”, qui soit comme une part de votre corps que vous êtes heureux de montrer en public, comme une partie de votre style. »


