Un cadre agréable mais surveillé

Le personnel de l’établissement est composé d’infirmiers, d’aides-soignants, de physiothérapeutes venus des autres établissements de soins à la personne du groupe géré par M. Sasaki. Les familles ou le personnel soignant des maisons de retraite sont contactés avant la venue des clients de façon à noter précisément le type d’alcool et les quantités que chaque client peut consommer sans danger. Selon les personnes, les boissons peuvent être mélangées avec un épaississant de façon à éviter les étouffements par fausse-route.

Le tarif est de 8 000 yens pour collation, boissons et karaoké à volonté, service voiturier aller et retour inclus. Sans le service voiturier, avec seulement 2 boissons et 1 assiette à grignoter : 3 500 yens.
Le tarif est de 8 000 yens pour collation, boissons et karaoké à volonté, service voiturier aller et retour inclus. Sans le service voiturier, avec seulement 2 boissons et 1 assiette à grignoter : 3 500 yens.
Toilettes spacieuses et faciles à utiliser même en fauteuil roulant. Table pliante pour changer les couches, pour les clients accompagnés.
Toilettes spacieuses et faciles à utiliser même en fauteuil roulant. Table pliante pour changer les couches, pour les clients accompagnés.

Les patients nécessitants des soins de longue durée, ou les malades en phase terminale ne sont pas rares. Des gens qui ne pensaient plus pouvoir boire avec leurs amis, ou dont c’est sans doute la dernière occasion de passer un bon moment avec leur famille ou leurs amis, sont ainsi accueillis.

Les soins à la personne en plein développement

M. Sasaki est très clair sur sa motivation à ouvrir un tel établissement.

« J’ai réfléchi à ce que je ferais si mon vieux père ou ma vieille mère n’était plus capable de sortir boire un coup. Bien sûr, je voudrais lui donner l’occasion de s’offrir encore un petit plaisir, même dans sa situation. Quand vous êtes vieux, et que vous dépendez des autres pour le moindre geste de la vie quotidienne, on vous dit de vous faire tout petit et rester bien sage à la maison pour ne pas encombrer. Ne croyez pas qu’ils viennent tous les jours. Ils viennent une fois tous les quelques mois seulement. Alors quand on voit le plaisir dans leurs yeux, c’est motivant. »

Avant d’ouvrir son établissement, M. Sasaki est allé demander conseil au commissariat de police, car il allait tomber sous le coup de la loi sur les activités affectant la morale publique. Et comme il n’y avait aucun précédent, le parcours n’a pas été simple. Il y aurait même de quoi écrire un livre.

Après son ouverture, le Ryûgû-jô a fait beaucoup parler de lui dans les médias et sa notoriété est devenue nationale. Cela a aidé M. Sasaki à s’intégrer dans la communauté locale des affaires et à établir son image d’entrepreuneur innovant. Au final, non seulement la réputation de son snack bar a grimpé en flèche, mais elle a aussi apporté beaucoup d’effets positifs à l’entreprise au niveau de son secteur traditionnel des soins à la personne. Et si vous voulez mon avis, pour être capable d’une tentative de cette nature, non pas simplement pour faire plaisir aux gens mais faire marcher son business à la fois, il faut un sens de l’innovation chevillé au corps et un esprit d’entreprise de très haute qualité.

(Photos avec l’aimable autorisation du Ryûgû-jô)