Mort et renaissance
La période Jômon entretient un lien étroit avec la poterie. À l’occasion de fouilles des monticules funéraires d’Ômori, à Tokyo, effectuées à la fin du XIXe siècle, l’Américain E.S. Morse, qui a découvert les monticules, a trouvé des pièces de « poterie à motif cordé », selon l’expression qu’il a forgée, qui avaient été décorées en imprimant des cordes dans l’argile. En japonais, « motif cordé » se dit jômon, le mot qui a laissé son nom à la période de production de ce type de céramique. La poterie Jômon diffère selon le moment et l’endroit où elle a été produite. Il y a environ 5 000 ans, au milieu de la période Jômon, des modèles très élaborés tels que les vases kaen-gata (en forme de flamme), ôkan-gata (en couronne) et à motifs en spirale ont été créés à l’Est du Japon et intégrés dans l’usage quotidien. Dans le Tôhoku (nord-est du Japon) de la fin de la période Jômon, il y a 3 000 ans, est apparu un genre de poterie délicate et sophistiquée connue sous le nom de style Kamegaoka, mais une distinction était alors établie entre les pots grossièrement moulés destinés à la cuisson des aliments et les vases raffinés à usage rituel.
(Voir notre article lié : La céramique japonaise : une tradition vivante aux multiples visages)
La poterie était parfois utilisée pour l’inhumation des bébés morts peu après leur naissance. Dans certains cas, le moment de la naissance était représenté, avec la bouche de la mère à l’embouchure du vase et celle de l’enfant plus bas à mi-hauteur. D’où la théorie selon laquelle les gens de Jômon assimilaient les vases au sexe féminin et, en les utilisant pour l’inhumation des bébés, exprimaient le désir de les voir revenir à la vie. On pense que la culture Jômon croyait en la renaissance et la réincarnation.



