Quand réflexion rime avec méditation
Pour Yanasawa Daisuke, cela ne fait aucun doute. Tous ses succès, Kayac les doit à ses séances de réflexion en commun. Il est convaincu que lorsque les employés commencent à voir leur travail comme quelque chose qui les affecte personnellement, où ils peuvent avoir un pouvoir d’action, ils se sentent plus impliqués. Un chef de rayon commence à voir les choses du point de vue d’un chef de section, lequel commencera à évaluer une situation en se mettant dans la peau d’un chef de département... Cette approche, cela fait plus de 20 ans que Yanasawa Daisuke la pratique. Pour lui, ces séances de réflexion sont un élément essentiel du développement professionnel, tant pour les employés que pour les organisations auxquelles ils appartiennent. Un investissement personnel dans l’entreprise a des effets bénéfiques sur la qualité du travail d’équipe.
Il est célèbre que Google possède une salle de méditation à disposition de ses employés. Pour Yanasawa Daisuke, à Kayac, le brainstorming a une fonction similaire. Les séances de réflexion en commun peuvent être révélatrices de la santé de l’entreprise ou au contraire alerter en cas de problème.
Une cafétéria ouverte à tous les employés de la ville
Et ces séances de réflexion en commun au Kamacon ont fait naître de nombreux projets tels que le Machi no « Shine » Shokudô, une cantine innovante destinée aux employés de Kamakura, situé près de la gare principale. Au départ, la question était de trouver comment améliorer les prestations sociales des employés. En novembre 2020, le concept réunit 23 entreprises et organisations locales de la ville de Kamakura. La cantine est accessible à tous, à une seule condition : travailler à Kamakura. Les employés des entreprises participantes peuvent bénéficier de réductions.
« Kamakura attire de nombreux touristes, les files d’attente sont donc souvent longues devant les restaurants à l’heure du déjeuner » explique Watanabe Yûko, membre du personnel de Kayac. « Notre cantine nous a donc vraiment rendu la vie beaucoup plus simple ». Et ça marche ; en ce lieu, chaque semaine, du lundi au vendredi, pas moins de 50 restaurants locaux proposent à tour de rôle des menus pour le déjeuner et le dîner. Très éclectique, le concept a su trouver écho auprès de nombreuses enseignes locales, allant de Hachinoki, un restaurant étoilé au Guide Michelin, à de jeunes chefs qui font leurs premiers pas sur le marché. Tous ont un point commun : ils ont à cœur de proposer à la population locale une gamme de plats bons au goût comme pour la santé. Le week-end, le Machi no « Shine » Shokudô organise des événements, tels que des conférences où sont invités des auteurs locaux, l’occasion pour celles et ceux qui habitent et travaillent à Kamakura de partager un moment de convivialité.

Une solution efficace pour revitaliser les régions japonaises
Pour Yanasawa Daisuke, directeur de sa propre entreprise, plus important que le travail en lui-même sont les personnes avec qui vous œuvrez. En effet, le bien-être et la satisfaction sur le lieu de travail varient considérablement selon l’atmosphère humaine. C’est cette attention particulière portée à la communauté locale et aux relations entre individus qui permet à l’entreprise Kayac de se renouveler et de trouver sans cesse de nouvelles idées.
En plus d’avoir à cœur de créer un nouveau modèle de capitalisme local enraciné dans la communauté, en 2018, Kayac a développé Smout, un service qui fait le lien entre des personnes qui souhaitent se relocaliser ailleurs que dans les grandes agglormérations, plutôt dans des communes qui recherchent de nouvelles recrues aux idées novatrices. Pour bénéficier du service Smout, les utilisateurs s’inscrivent sur un serveur enregistrant leurs données personnelles et leurs compétences. En retour, le service leur présente des postes concrets auprès de collectivités et employeurs locaux qui demandent des profils comme les leurs. Au cours des six derniers mois, le nombre moyen mensuel de nouveaux inscrits a été multiplié par trois, passant de 450 à 1 400. Les lieux sont répartis dans différentes catégories en fonction de la fréquence à laquelle leurs noms apparaissent sur des recherches en ligne et sur les réseaux sociaux. Grâce à cette base de données, en un clin d’œil, les utilisateurs savent quelles zones sont les plus prisées.
À l’heure actuelle, sur 1 700 administrations locales que compte le Japon, 600 utilisent Smout pour recruter de nouveaux employés. Les raisons d’un tel succès peuvent être extrêmement différentes selon les utilisateurs. Yanasawa Daisuke mentionne par exemple le cas d’un employé qui voulait se relocaliser à Hokkaidô pour échapper à la période la plus intense de la saison des pollens.
Les annonces publiées par les gouvernements locaux recrutant du personnel pour aider à revitaliser la région attirent immédiatement un grand nombre de candidats. Smout a multiplié le nombre de ses utilisateurs, notamment depuis le début de la crise sanitaire. Les raisons : le nombre grandissant de personnes en télétravail chez elles et à la diversification des styles de travail.
