Développer un nouveau type de « capitalisme local » à partir de Kamakura
Kayac est la seule entreprise de la ville de Kamakura à être cotée à la Bourse de Tokyo (depuis 2014, sur l’indice Mothers). Toutefois, Yanasawa Daisuke et son équipe n’oublient pas les côtés néfastes du capitalisme conventionnel, notamment les disparités de revenus croissantes et les problèmes environnementaux qu’il engendre.
C’est justement ce triste état de fait qui a amené Yanasawa Daisuke à s’interroger sur de nouveaux indicateurs qui pourraient être utilisées pour créer une forme de capitalisme plus durable, sans pour autant en changer les mécanismes fondamentaux. Fort de l’expérience, grâce au Kamacon, de la diversité et du capital social propres aux communautés locales, il a commencé à se demander si les régions et les communautés ne pourraient pas être les éléments clés de nouveaux indicateurs permettant de rendre l’homme plus heureux.
Yanasawa Daisuke est convaincu que pour rendre le capitalisme plus durable, il faut trouver des moyens d’accroître le capital communautaire. En plus des types de capitaux classiques (ressources financières et productivité), les communautés locales possèdent également un capital social (liens entre les personnes) et un capital environnemental (ressources naturelles et culture). Comment peut-on accroître ces formes de capitaux ? Comment les mesurer ? « Qu’il s’agisse de paysages locaux ou de contenu créatif propre à une région, vanter les atouts distinctifs uniques à cette région, et le faire d’une manière qui soit compréhensible pour tous, aura à coup sûr un effet bénéfique sur la popularité de cette région » écrit Yanasawa Daisuke dans son livre « Le capitalisme de Kamakura » (Kamakura shihon shugi).
Les atouts d’une entreprise qui « fait du bien à la société »
Désormais 22 ans après sa création, Kayac compte aujourd’hui plus de 300 employés. Yanasawa Daisuke a confié avoir récemment lu Trailblazer : The Power of Business as the Greatest Platform for Change (« Trailblazer: L’entreprise, plateforme incontournable du changement »), de Marc Benioff et Monica Langley. En refermant le livre, il a retenu une idée essentielle : « Construire une entreprise “qui fait du bien à la société” n’est plus seulement un avantage concurrentiel. C’est en passe de devenir un véritable impératif commercial ». Et il est d’accord avec cette théorie, ajoutant qu’il partage le sentiment que le monde est sur le point d’entrer dans une ère où consommateurs et employés plébisciteront des entreprises socialement responsables. Il explique cela en partie par la diffusion de masse des réseaux sociaux, grâce auxquels les employés peuvent maintenant partager les valeurs d’une entreprise avec un grand nombre de personnes.
« C’est lorsque vous regardez au-delà de la simple recherche du profit, vers quelque chose de plus profond, quelque chose qui serait proche du philanthropisme et de l’idée de travailler pour le bien de la société, c’est lorsque vous éprouvez vous-même un sentiment de satisfaction, que vous devenez capable d’apporter une contribution positive. Et loin de se limiter aux entrepreneurs et aux dirigeants d’entreprise, ce concept devrait impliquer chaque employé. Si chacun s’investit pour apporter une contribution significative, alors cette contribution changera progressivement la société » dit Yanasawa Daisuke, les yeux tournés vers l’avenir.
(Reportage et texte de Doi Emiko, de Nippon.com. Photos : Kawamoto Seiya. Photo de titre : Yanasawa Daisuke devant les bureaux de Kayac)

