Toyama, première sur la ligne de départ

Je me suis rendue à Toyama à la fin du mois d’octobre. La Route cyclable de la baie de Toyama a été désignée route nationale, et est maintenant l’un des parcours les plus prisés de la région du Hokuriku. Au sud, elle part de Himi, près de la frontière avec la préfecture d’Ishikawa, et emmène les cyclistes plein nord, le long de la baie de Toyama, jusqu’à la frontière avec la préfecture de Niigata. Une course, qui consiste à faire un aller-retour sur ce circuit, a lieu chaque année dans la baie de Toyama. Avec en toile de fond la baie de Toyama et la majestueuse chaîne de montagnes Tateyama, pas étonnant qu’elle soit de plus en plus prisée par les amoureux des deux roues.

En 2014, la baie de Toyama a été ajoutée à la liste du « Club des plus belles baies du monde de l’Unesco ». Tout a commencé lors d’un d’événement où les sept villes et deux villages situés sur le long de la baie de Toyama ont organisé une course pour marquer l’occasion. Le parcours le plus long, de Himi à Asahi, est un aller-retour long de 180 kilomètres. Ce parcours doit s’effectuer aller-retour, parce que contrairement à une route en bord de lac, il ne peut pas faire un circuit complet. J’ai opté pour le parcours de 130 Kilomètres, de Imizu à Asahi, aller et retour.

Ce parcours vous emmène sur le pont Shin-minato Ôhashi, qui s’élève à pas moins de 50 mètres au-dessus d’Imizu, avec une passerelle offrant des paysages à couper le souffle. Il est vraiment dommage que la plupart des cyclistes ne connaissent pas ce pont, d’autant plus qu’il a été conçu pour qu’ils puissent le traverser avec leur vélo, à pied, pour embarquer sur le ferry à l’autre extrémité. Il y a aussi un train à bord duquel les cyclistes peuvent monter avec leur vélo mais ce n’est pas très pratique ; il faut réserver à l’avance et ce service se limite à certains jours de la semaine. Dans la ville, les magasins de location de vélos sont encore peu nombreux, il reste donc un certain nombre de points à améliorer.

Arrivée du ferry de la préfecture de Toyama près du pont Shin-minato Ôhashi
Arrivée du ferry de la préfecture de Toyama près du pont Shin-minato Ôhashi

Les destinations touristiques ne manquent pas à Toyama ; la Route alpine Tateyama Kurobe, la gare de Murodô, la plus haute au Japon, à 2 450 mètres d’altitude, le plus haut barrage de l’Archipel, le barrage de Kurobe, les canyons de neige qui se forment à la fin du printemps avec des murs de neige pouvant atteindre 20 mètres de haut, ou encontre les villages aux toits de chaume de Gokayama, site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco... vous n’aurez que l’embarras du choix. Pour ceux qui préfèrent la mer à la terre, ils pourront déguster de délicieux poissons comme des sérioles (buri), ou encore des fruits de mer tels que des calmars lucioles, des crevettes ou des langoustines. Les sites touristiques, les spécialités de Toyama et le cyclotourisme : que pourrait-on demander de mieux ?

Fukui en quête d’une reconnaissance au niveau international

Le succès de Toyama fait des émules et des envieux. La préfecture de Fukui, elle aussi, cherche à faire reconnaître un itinéraire pour les vélos au niveau national, qui pourrait représenter le Japon au-delà de ses frontières. Actuellement, il existe six itinéraires qui peuvent se vanter d’avoir ce statut, dont le Shimanami Kaidô qui relie Onomichi, dans la préfecture de Hiroshima, à Imabari, dans celle d’Ehime, et l’itinéraire Biwaichi qui fait le tour du lac Biwa. Une désignation en tant que route nationale place la région sur le devant de la scène et attire davantage de visiteurs aux événements, entraînant par ricochets de nombreux avantages secondaires. On comprend aisément pourquoi les communautés de tout le Japon sont impatientes d’obtenir une reconnaissance officielle.

Si la reconnaissance officielle tarde à venir, la préfecture de Fukui propose tout de même l’itinéraire Gokoichi, long de 42 kilomètres, qui fait le tour de cinq lacs dans la région de Mikata, près de la baie de Wakasa. Il s’agit d’un parcours tout à fait abordable même pour les débutants, malgré ses nombreux dénivelés. N’oublions pas non plus le Wakasa Kaidô, un itinéraire qui se dirige vers le sud depuis Obama, sur la baie de Wakasa, jusqu’à Kyoto, en passant par l’ancienne région de Wakasa no Kuni. Les eaux de cette région regorgeaient autrefois de saba, ou maquereau, si bien que la route est également connue sous le nom de Saba Kaidô, ou « Route du maquereau ». La préfecture cherche maintenant à regrouper des itinéraires pour proposer un parcours qui plaira à tous, petits comme grands, débutants comme confirmés, seuls ou en famille, avec en vedette la Saba Kaidô, qui relie les régions de Kyoto et de Shiga.

Une carte des itinéraires de Gokoichi
Une carte des itinéraires de Gokoichi