Cérémonies du Nouvel An à Kyoto

La cérémonie du premier jeu de cartes au sanctuaire Yasaka

Le 3 janvier est organisée au sanctuaire Yasaka (arrondissement de Higashiyama) la cérémonie du premier jeu de cartes de l’année, en l’honneur de Susanoo-no-mikoto, le dieu des tempêtes révéré ici et considéré comme le premier poète de la forme waka. Sur la scène de théâtre nô du sanctuaire, des femmes et des enfants vêtus comme à l’époque de Heian jouent au jeu de cartes à assembler Hyakunin isshu (« De cent poètes un poème »). La technique de compétition consistant, quand on trouve la carte cherchée, à la faire voler d’un revers de la main, étant interdite, le spectacle des participants posant délicatement leur main sur la carte convoitée respire l’élégance.

La cérémonie du premier jeu de cartes de l’année, pleine de grâce et d’élégance.
La cérémonie du premier jeu de cartes de l’année, pleine de grâce et d’élégance.

La bouillie de riz aux sept herbes sauvages du sanctuaire Gokônomiya

Déguster un bol de bouillie de riz aux sept herbes sauvages (nanakusa-gayu) dans un sanctuaire est l’un des premiers plaisirs de l’année à Kyoto. Le premier bol est offert aux divinités pour s’assurer une année en bonne santé, après quoi la soupe est distribuée aux fidèles.

Distribution de soupe de riz aux sept herbes sauvages au sanctuaire Gokônomiya.
Distribution de bouillie de riz aux sept herbes sauvages (nanakusa-gayu) au sanctuaire Gokônomiya.

Le sanctuaire Gokônomiya (arrondissement de Fushimi) était autrefois appelé Mimoro. C’est l’empereur Seiwa qui, en 862, l’aurait rebaptisé « sanctuaire des senteurs » après qu’une source odorante dont l’eau guérissait immédiatement les malades avait jailli dans son enceinte. Cette eau de source est la seule de la ville de Kyoto à avoir été choisie, en 1985, par l’agence de l’environnement parmi les Cent plus belles sources du Japon. Au sanctuaire Gokônomiya, moyennant un don de 300 yens, les fidèles désireux de se prémunir contre les maladies peuvent déguster un bol de bouillie de riz préparée avec cette eau de source qui rencontre un franc succès.

Les sept herbes sauvages sont le céleri d’eau, la bourse-à-pasteur, le gnaphale, la stellaire, le lamier, le navet et le radis daikon
Les sept herbes sauvages sont le céleri d’eau, la bourse-à-pasteur, le gnaphale, la stellaire, le lamier, le navet et le radis blanc daikon.

« Hatsu Ebisu » au sanctuaire Ebisu de Kyoto

Du 8 au 12 janvier, durant cinq jours, le sanctuaire Ebisu de Kyoto (arrondissement de Higashiyama) est le théâtre de cérémonies pour s’assurer une année productive, autour du jour du « Hatsu Ebisu » le 10 janvier. Ebisu est en effet le dieu de la prospérité.

L’offrande de feuilles de bambou pour demander prospérité à la maison et dans les affaires est la principale cérémonie organisée à cette période, mais on voit également des acteurs des studios Tôei de Kyoto arriver en chaise à porteurs traditionnelle pour une prière, et c’est également ici que la fédération des pêcheurs de Kyoto vient faire offrande d’un thon. Les nombreux étals aux abords du sanctuaire sont fréquentés par une foule de fidèles venus prier pour une année prospère.

Devant un chaudron d’eau bouillante, une prêtresse prie pour la bonne santé des fidèles.
Devant un chaudron d’eau bouillante, une prêtresse prie pour la bonne santé des fidèles.
Les 8 et 9 janvier, les acteurs des studios Tôei de Kyoto viennent en chaise à porteurs traditionnelle.
Les 8 et 9 janvier, les acteurs des studios Tôei de Kyoto viennent en chaise à porteurs traditionnelle.

Tir à l’arc des jeunes adultes au temple Sanjûsangen-dô

Cette cérémonie puise ses sources dans un concours de tir à l’arc de l’époque de Kamakura (1185-1333) au cours duquel des samouraïs s’affrontaient durant 24 heures pour savoir qui tirerait le plus de flèches sous l’auvent du temple Sanjûsangen-dô long de 120 mètres. Le lieu est également célèbre pour ses 1 001 statues bouddhiques.

C’est ainsi que le dimanche le plus proche du 15 janvier, quelque 2 000 participants, parmi lesquels les meilleurs tireurs à l’arc du pays et des jeunes gens fêtant leurs vingt ans (année du passage à l’âge adulte) se rassemblent pour un tournoi de tir à l’arc baptisé ômato. Ils doivent atteindre une cible d’environ un mètre de diamètre située à une soixantaine de mètres de distance. Cette cérémonie magnifique au cours de laquelle des jeunes gens en kimono pratiquent le tir à l’arc japonais est réputée dans tout l’archipel.

Des jeunes filles, vêtues d’un hakama en forme de jupe-culotte par-dessus leur kimono, tirent à l’arc.
Des jeunes filles, vêtues d’un hakama en forme de jupe-culotte par-dessus leur kimono, tirent à l’arc.

(Reportage et texte : Fujii Kazuyuki, de 96BOX. Photos : Kuroiwa Masakazu et Fujii Kazuyuki, de 96BOX. Photo de titre : le rituel du osusu-harai du temple Nishi Hongan-ji)