Différentes formes
Au fil des ans, les créateurs ont conçu un grand nombre de formes différentes de netsuke. Le plus rudimentaire est le netsuke manjû. Doté de la même forme que le petit pain cuit à la vapeur auquel il doit son nom, il est orné d’une décoration au makie ou en relief et sa surface inférieure est percée de trous destinés au passage d’un cordon.
Le netsuke ryûsa, une version améliorée du manjû, doit son nom à l’artisan qui est censé en être l’auteur. L’intérieur est en grande partie évidé, et ce genre d’ajour requiert une grande dextérité.
La forme la plus populaire de netsuke est le katabori, qui est une représentation tridimensionnelle d’une personne ou d’un objet. Il a souvent la forme de personnages ou d’animaux empruntés aux mythes, aux légendes ou aux pièces de kabuki. Il peut témoigner des violons d’Ingres ou des croyances de son propriétaire, servir d’amulette ou réprésenter des produits saisonniers tels que fruits, noix ou baies. Le netsuke men, quant à lui, représente des masque nô ou les visages des sept divinités du bonheur.
On trouve aussi communément des fermoirs dotés d’un couvercle et destinés à contenir des pillules ou des pièces de monnaie, appelés netsuke hako (boîte) ou kagamibuta (couvercle réfléchissant).
Encourager les artistes émergents
Les fabricants de netsuke utilisent une cinquantaine de sortes de couteaux pour sculpter des motifs complexes sur des objets longs de quelques centimètres. Vu la difficulté qu’il y a à garder pendant de longues périodes le niveau de concentration requis, seules quelques heures sont en règle générale consacrées chaque jour à la sculpture. Si l’on prend en compte le polissage, le coloriage, et diverses autres tâches menées parallèlement, il faut plusieurs mois pour achever une seule œuvre.
Le musée organise tous les ans un concours pour l’attribution de la Médaille d’or du Netsuke, en vue d’encourager les artistes émergents. La princesse Hisako, l’une des plus éminentes collectionneuses du Japon, y participe en tant qu’invitée d’honneur, attirant par la même occasion l’attention des médias et contribuant à faire connaître les miniatures.
Le quartier de Mibu, où se trouve le musée, est aussi connu pour son association avec le Shinsengumi, un corps d’élite de samouraïs au service des Tokugawa qui s’est battu en vain pour empêcher la chute du shogunat. Le temple Mibu, situé à proximité, était un siège du Shinsengumi.
Musée d’art Seishû Netsuke de Kyoto
- Address : 46-1 Mibu Kayôgosho-chô, Nakagyô, Kyoto-fu
- Horaires : 10 h à 17 h (dernier accueil à 16 h 30)
- Fermé le lundi (ou mardi si lundi est férié), et du 13 au 16 août et du 29 décembre au 5 janvier
- Tarifs : 1 000 yens
- Accès : en métro, 10 minutes de marche de la station Ômiya ou Shijô Ômiya. En bus, 2 minutes de marche de l’arrêt Mibuderamichi.
(Photo de titre : le netsuke Fujitsubo, un personnage du Dit du Genji, Nanatsumen, caricature de la société contemporaine, et Watanabe no Tsuna, inspiré d’un ukiyo-e représentant le tueur légendaire de démons.)




