Deux statues Niô
Nandai-mon, la grande porte sud, figure aussi parmi les trésors nationaux du Tôdai-ji. Reconstruite pendant l’époque de Kamakura selon un modèle provenant de la Chine des Song (960-1279), c’est l’une des plus grandes portes du Japon, mesurant 25 mètres de haut et plus de huit mètres de large. Nandai-mon est le site des kongô-rikishi, deux immenses sentinelles en bois créés en 1203 par les sculpteurs Kaikei et Unkei.
Les deux sentinelles, appelées Niô en japonais, sont Agyô, à la bouche ouverte et montrant les dents, et Ungyô, à la bouche fermée. Elles sont positionnées des deux côtés de la porte, leur aspect puissant et terrifiant conçu pour inspirer la révérence des visiteurs. Le fait que les deux statues monumentales ont été taillées simultanément en seulement 69 jours est une véritable prouesse.
D’autres trésors historiques
Le plus ancien parmi les trésors architecturaux du Tôdai-ji est le Hokke-dô, ou Pavillon du Lotus, qui date du VIIIe siècle. Classé trésor national, il est nommé ainsi comme on y commémore tous les ans en mars la toute première récitation du sûtra du Lotus (Hokke-kyô) au Japon. L’intérieur contient plusieurs statues de l’époque de Nara classées trésors nationaux, à commencer par celle de Fukûkensaku Kannon, la divinité principale qui y est vénérée.
À l’ouest du pavillon du Grand Bouddha se trouve le Kaidan-dô, la salle des ordinations qui fait partie du Kaidan-in, où se trouvent des statues des quatre rois célestes appelés shitennô, datant de la période de Nara et classés trésors nationaux.
Le Shigatsu-dô, aussi appelé Sanmai-dô, se trouve à l’est du Grand Bouddha et abrite une statue de Jûichimen Kannon (Kannon à onze têtes) classée bien culturel important, ainsi que d’autres chefs-d’œuvre datant de l’époque de Heian. Non loin de là, le Kaisan-dô est un pavillon dédié à la mémoire de Rôben, premier supérieur de Tôdai-ji. Sa statue, classée trésor national, n’est visible au public qu’un jour par an, le 16 décembre. Les thermes de Ôyuya ont été construites pour les moines lors de l’époque de Muromachi (1333-1568). Classées biens culturels importants, elles ne sont malheureusement pas ouvertes à la visite.
Construit à l’origine au VIIIe siècle, le pavillon Nigatsu-dô a brulé au XVIIe siècle et a été rebâti en 1669. Ce trésor national est le site d’un rituel bouddhiste annuel complexe nommé shuni-e qui se tient chaque année en mars depuis 752. Dans le O-taimatsu, des torches de pin sont brandies pour repousser les mauvais esprits, et dans le O-mizutori, l’eau de source sacrée du temple est transférée dans deux jarres dont l’une contient un peu d’eau de tous les festivals au fil des année, pour une offrande à la déesse Kannon.
Deux autres sites marquent l’histoire tumultueuse du Tôdai-ji. De la salle de lecture Kô-dô, il ne reste que la fondation en pierre, et la pagode de l’est a également disparu. Au-delà de l’intérêt historique, le complexe propose aussi aux visiteurs des cerisiers en fleur au printemps, les célèbres daims de Nara et leurs faons en début d’été, et son magnifique feuillage d’automne.
Bien que surtout connu pour son Grand Bouddha, le Tôdai-ji mérite qu’on prenne le temps de découvrir ses trésors d’art et d’architecture qui s’étendent à travers les siècles.
Temple Tôdai-ji
- Adresse : 406-1 Zôshi-chô, Nara-shi, Nara-ken
- Horaires : Le pavillon du Grand Bouddha (Daibutsu-den) est ouvert de 7 h 30 à 15 h 30 d’avril en octobre, et de 8 h à 17 h de novembre à mars. Les pavillons Hokke-dô et Senju-dô (Kaidan-in) sont ouverts de 8 h à 17 h. Le musée du Tôdai-ji est ouvert de 9 h 30 à 17 h 30 d’avril en octobre, et de 9 h 30 à 17 h de novembre à mars. (Dernière entrée à 30 minutes avant la fermeture)
- Tarifs : 800 yens pour les adultes, collégiens, lycéens. 400 yens pour les élèves du primaire. Le prix comprend la visite du Daibutsu-den, du Hokke-dô, du Senju-dô et du musée du Tôdai-ji.
- Transport : 20 minutes à pied de la gare de Nara (ligne Kintetsu Nara)
(Texte et reportage de EditZ. Toutes les photos © EditZ, sauf mentions contraires)






