Protéger les champs de la peste à la saison des pluies
Avec l’arrivée de la saison des pluies à la fin du mois de mai ou au début du mois de juin, les agriculteurs s’adonnent à des rituels appelés mushi-okuri, dans l’espoir de chasser les parasites de leurs cultures. Dans l’est du Japon, traditionnellement, les agriculteurs donnent à leurs bottes de paille l’apparence de gros insectes, afin d’attirer les nuisibles sur les chemins entre les champs, puis les brûlent ou les jettent dans la rivière ou à la mer.
Dans l’ouest du Japon, ce rituel est lié à l’histoire de Saitô Sanemori, un général du clan Heike. Pendant la Guerre de Genpei (1180-1185), Sanemori trouva la mort lorsque son cheval trébucha sur de la paille. « Je deviendrai un parasite et je hanterai ces rizières » furent ses dernières paroles. Aujourd’hui encore, les agriculteurs perpétuent la tradition en défilant dans les rizières, transportant une poupée à l’effigie de Sanemori, juchée sur un cheval de paille. Ils espèrent ainsi chasser les insectes et les esprits.
En été, éloigner les esprits porteurs de maladies
Au Japon, les étés sont chauds et humides, des conditions propices à la prolifération des bactéries. Autrefois, les maladies étaient donc fréquentes, mais beaucoup pensaient que les âmes des morts étaient à l’origine de ces pathologies. C’est pourquoi de nombreux festivals avaient lieu dans le but de chasser ces esprits.
Le plus vieil exemple de ces croyances est le Gion matsuri, à Kyoto. Il a eu lieu pour la première fois au IXe siècle, alors que la peste faisait de nombreuses victimes dans l’Archipel. Initialement, les participants avaient pour coutume d’ériger 66 lances décorées, une pour chaque région du Japon à l’époque, et un sanctuaire portatif mikoshi pour la divinité de la peste Gozu Tennô était emmené en pèlerinage hors du sanctuaire Gion (aujourd’hui sanctuaire Yasaka) pour prier pour la sécurité du pays tout entier. Au fil des siècles, les lances ont laissé place à de magnifiques chars appelés yamahoko, aujourd’hui élément central du festival le plus élégant du pays.
Les festivals de feux d’artifice qui se déroulent en été ont eux aussi la même origine. Ils ont d’abord eu lieu car beaucoup croyaient qu’ils permettaient d’éviter les catastrophes naturelles. Le plus ancien feu d’artifice du Japon est celui du fleuve Sumida à Tokyo. qui date de l’ère Kyôhô (1716-1736), autre période où la peste faisait rage au Japon. Des feux d’artifice étaient allumés le long du fleuve pour apaiser les esprits et chasser les maladies.
Dans la région du Tôhoku, les festivals d’été semblent être l’occasion pour les habitants de laisser s’exprimer toute l’énergie qu’ils ont accumulée au cours des longues journées d’hiver. Des festivals tels que le Nebuta matsuri d’Aomori et le Hanagasa matsuri de Yamagata sont particulièrement connus pour leurs danses et leurs défilés remarquables. Ils attirent des visiteurs de tout le Japon.





