Le débat est voué à se focaliser sur la taxe à la consommation et la Constitution
Le Premier ministre Abe justifie la nécessité de cette élection par l’opportunité qu’elle va donner aux citoyens de se prononcer sur sa proposition d’augmenter les recettes provenant de la taxe à la consommation, qu’il projette de faire passer de son niveau actuel de 8 % à 10 % en octobre 2019, en vue de pourvoir aux besoins en matière d’éducation des enfants, notamment celle des plus jeunes. Un autre argument qu’il a invoqué à l’appui de sa décision subite d’appeler les électeurs aux urnes est la menace que représente le programme nord-coréen de développement en matière de technologie des missiles et d’armes nucléaires. Sachant que le PLD a inscrit la réforme de la Constitution dans sa plate-forme politique – plus précisément la réécriture de l’Article 9, qui spécifie le renoncement à la guerre, de façon à établir clairement que les Forces d’autodéfense constituent l’armée du Japon –, il n’est pas surprenant que la Constitution japonaise se soit retrouvée au premier plan du débat électoral, de concert avec les questions liées à la taxe à la consommation.
Le partenaire de coalition du PLD n’est pas aussi enthousiaste en ce qui concerne la réécriture de la loi fondamentale du Japon. La réduction des coûts liés à l’éducation figure toutefois dans le manifeste politique du Kômeitô, qui a aussi inclus dans ses engagements de campagne la gratuité de facto de l’enseignement préscolaire et de l’inscription dans les collèges privés.
Dans le camp de l’opposition, le Parti de l’espoir s’est fermement engagé à geler la taxe à la consommation à son niveau actuel. Ce nouveau venu sur la scène politique est favorable à la révision de la Constitution, mais hostile aux propositions du PLD en ce domaine. Parmi les projets politiques qui le différencient des libéraux-démocrates, figure aussi l’élimination complète du nucléaire de la liste des sources d’énergie utilisées par la nation.
Le Nippon Ishin, le PDCJ et les communistes se sont également prononcés contre toute hausse de la taxe à la consommation. Les deux derniers s’opposent fermement à toute révision de la Constitution. Enfin, un parti conservateur encore minoritaire et fondé en 2014, le parti « Cœur du Japon » (Nippon no kokoro), qui devrait présenter une poignée de candidats, veut que le Japon se dote d’une Constitution entièrement neuve et renforce sa défense.
(D’après un original en japonais du 10 octobre 2017. Photo de titre : les dirigeants des principaux partis politiques qui ont participé à un débat pré-électoral organisé le 8 octobre au Nippon Press Center à Tokyo. De gauche à droite : Yamaguchi Natsuo du Kômeitô, Abe Shinzô du PLD, Koike Yuriko du Parti de l’espoir, Shii Kazuo du Parti communiste et Edano Yukio du PDCJ. © Jiji)