Les enseignements tirés d’un voyage en Malaisie

Bien entendu, une activité commerciale est impossible dans un pays où l’eau n’est pas considérée comme un produit payant. Tout d’abord, il est important d’évaluer avec précision quels projets sont envisageables, et où. Des délégations à l’international composées de membres du Bureau métropolitain des eaux et de TSS se sont rendues en Malaisie, au Vietnam, en Indonésie, en Inde et aux Maldives pour réaliser des études de faisabilité et faire connaître les technologies et le savoir-faire du réseau d’adduction d’eau tokyoïte.

Rencontre avec le vice-ministre malaisien de l’Energie, des Technologies environnementales et de l’Eau

J’ai personnellement dirigé la mission partie en Malaisie à la fin août 2010. La Malaisie a été choisie comme première destination pour plusieurs raisons. Le Japon y est de loin le premier pays fournisseur d’APD (aide publique au développement), la croissance économique y est soutenue et les risques liés à l’instabilité politique sont relativement faibles. En outre, le pays rencontre des difficultés en matière de taux de fuite d’eau et de recouvrement des paiements. L’implantation du système tokyoïte permettait donc d’espérer des améliorations notables.

En Malaisie, le taux de desserte en eau potable est de 90%, mais le taux d’« eau non facturée » s’établit à 40%. Cela signifie qu’il y a 40% de pertes commerciales dues au non-paiement ou de pertes matérielles dues aux fuites et aux vols, et que seulement 60% du volume d’eau distribué est générateur de revenus. De plus, il est impossible de boire telle quelle l’eau du robinet. Nous avons eu l’occasion de rendre visite à une famille relativement aisée ; elle possédait divers filtres à eau, utilisés en fonction de l’usage réservé à l’eau. Les habitants soulignaient d’ailleurs que « les filtres aussi coûtent cher ».

Les nombreux filtres à eau d’un foyer moyen en Malaisie

Cette mission nous a confortés dans l’idée que les technologies japonaises offrent un avantage certain, dans la mesure où elles permettraient également d’améliorer radicalement le niveau d’assainissement de l’eau. Je pense qu’au cours des échanges ultérieurs, les responsables gouvernementaux de Malaisie ont pris conscience des mérites de l’introduction de notre réseau d’adduction. La Malaisie vit actuellement une cohabitation politique, avec une majorité différente au gouvernement central et dans les gouvernements locaux, ce qui entrave quelque peu les pourparlers, mais je suis convaincu que des progrès seront enregistrés en temps et en heure.

Actuellement, c’est avec le Vietnam que les négociations sont le plus avancées. Les discussions sont dans leur phase finale pour la construction d’une station d’épuration à Hanoï, une ville dont la population croît fortement et qui est confrontée à de graves pénuries d’eau, afin de fournir 300 000 tonnes d’eau à la compagnie publique des eaux. Pour ce projet, nous allons nous concentrer sur la fourniture d’eau, sans prendre le risque d’assurer jusqu’à la collecte des paiements. Le marché de l’eau offre une souplesse d’implication non négligeable.