Les travailleurs étrangers hautement qualifiés

Le gouvernement japonais, dont la politique a consisté jusqu’ici à attirer des talents étrangers hautement qualifiés, a mis en œuvre tout un éventail de mesures conçues à cette fin. Par exemple, en 2000, dans le cadre de la stratégie de base pour la technologie de l’information, l’objectif était d’attirer 30 000 informaticiens d’ici 2005. En 2012 également a été instauré un dispositif d’émission de visas pour les employés étrangers hautement qualifiés selon des critères tels que le niveau d’éducation, l’âge et le salaire annuel. Puis en 2015, une catégorie spécifique de visa réservée aux employés hautement qualifiés a été créé.

En 2017, c’est sous le nom de « carte verte pour les employés hautement qualifiés » que le gouvernement a instauré une procédure accélérée permettant de ramener de dix ans à un an le délai au bout duquel les travailleurs étrangers ayant obtenu un certain score selon un système de points sont autorisés à postuler au statut de résident permanent.

Dans le cadre de sa stratégie de croissance, le gouvernement a défini une cible pour les approbations au titre du système de points appliqué aux employés hautement qualifiés. Cependant, le nombre d’approbations a tendance à dépasser cet objectif. Les chiffres des entrées et des sorties indiquent néanmoins une baisse du taux de rétention à mesure que les étrangers titulaires d’un statut professionnel hautement qualifié sont plus nombreux à quitter le Japon qu’à y entrer.

Les catégories de visa fondées sur le statut personnel

En 1990, la Loi sur le contrôle de l’immigration et la reconnaissance des réfugiés a instauré une nouvelle catégorie de visas de résident pour les étrangers d’ascendance japonaise. Il en a résulté un afflux de Brésiliens d’origine japonaise venant dans l’Archipel pour y travailler, leurs zones d’installation préférées étant le Tôkai et le nord du Kantô, où l’activité manufacturière est fortement concentrée. À l’origine, la plupart de ces personnes sont arrivées au Japon en tant que travailleurs immigrés, mais beaucoup ont renouvelé leurs visas et sont restées, certaines finissant même par acquérir le statut de résident permanent.

Le nombre de Brésiliens vivant au Japon avec un statut de résident permanent a culminé à la fin de l’année 2007, avec un effectif de 316 967 individus. Toutefois, nombre de détenteurs d’un visa étaient employés via des agences de placement ou des sous-traitants, et ils étaient mal lotis en termes de sécurité de l’emploi. Au cours des cinq années qui ont suivi la crise économique mondiale de 2008, plus de 100 000 immigrés sont retournés au Brésil, et environ 20 000 d’entre eux ont eu recours à l’incitation financière proposée par les autorités japonaises aux personnes désireuses de rentrer dans leur pays d’origine. Des aides à hauteur de 300 000 yens par individu (environ 2 340 euros) et 200 000 yens par personne à charge (environ 1 560 euros) étaient accordées, sous réserve que les bénéficiaires ne reviennent pas au Japon avec le même visa avant au moins trois ans. La population brésilienne au Japon a décliné jusqu’en 2015, Mais le chiffre est reparti à la hausse, pour atteindre 191 362 individus en 2017.

Depuis 30 ans, les questions liées à l’enseignement, et notamment l’absentéisme et la faiblesse des taux de progression dans les études universitaires parmi les enfants des titulaires de visas résidentiels à long terme, reviennent fréquemment sur le tapis. Depuis quelques années, la question des soins de santé pour les résidents à long terme a commencé à se poser dans les régions où vivent d’importantes communautés étrangères.