Les étudiants étrangers
Le Japon a ceci de particulier que les étudiants occupent une part substantielle, plus de 20 %, dans l’effectif des travailleurs étrangers employés dans le pays. À titre de comparaison, seuls 1,5 % des étudiants étrangers ont un emploi en Corée. La présence au Japon des étudiants étrangers, dont les études constituent la principale raison de leur séjour, est de plus en plus prégnante sur le marché national du travail.
Le Japon a progressivement modifié sa politique à l’égard des étudiants étrangers. En 1983, le gouvernement, qui souhaitait encourager l’internationalisation, a annoncé un projet en vue de faire passer à 100 000 d’ici 2000 l’effectif des étudiants étrangers présents dans le pays. Cette cible a été atteinte en 2003, avec trois ans de retard. Un projet ultérieur, lié à la volonté affichée par les autorités d’attirer des travailleurs étrangers hautement qualifiés, est actuellement en cours, avec pour objectif d’accueillir 300 000 étudiants étrangers d’ici 2020.
On remarquera toutefois que l’expression « étudiants étrangers » a un sens très large et recouvre toute une gamme de gens, depuis ceux qui souhaitent obtenir un diplôme universitaire jusqu’à ceux qui suivent des cours de langue japonaise. En 2010, dans le cadre du projet actuellement en cours, le ministère de la Justice a élargi le champ d’application des visas d’étudiants aux personnes inscrites dans une école de langue japonaise. Suite à cela, le pourcentage des étudiants étrangers inscrits dans les universités et les instituts d’enseignement supérieur a enregistré une baisse, tandis qu’augmentait celui des élèves des collèges techniques et des écoles de langue japonaise.
D’après une étude effectuée par l’Organisation japonaise des services étudiants, le pourcentage des étudiants étrangers inscrits dans les universités et les instituts d’enseignement supérieur et occupant des emplois à temps partiel a tendance à diminuer. En revanche, ce taux est en augmentation pour les étudiants étrangers fréquentant des écoles professionnelles ou de langue japonaise, les emplois occupés par ces étudiants se situant principalement dans la restauration et le commerce, notamment de proximité.
Il en résulte toutefois une situation où beaucoup d’étudiants, particulièrement chez les élèves des écoles de langue japonaise, consacrent davantage de temps à leurs emplois à temps partiel qu’à leurs études. En octobre 2018, le ministère de la Justice a décidé d’intervenir et a intégré dans les obligations auxquelles sont soumises les écoles de langue japonaise des normes plus strictes pour les heures de cours et le contrôle des étudiants.

