Ce qui est kawaii comporte aussi une part de kitsch et glauque
— Les Japonais d’un certain âge aussi ont parfois du mal à saisir ce que veulent dire les jeunes par ce mot.
SUZUKA Lorsqu’elle est passée à la télévision française, Kyary a expliqué la signification du mot « kawaii ». Son explication était limpide, très convaincante, et facile à comprendre pour les Français aussi. Voilà ce qu’elle a dit : ce qui est kawaii comporte aussi une part de kitsch et glauque.
Parmi les modes japonaises qui ont du succès auprès des jeunes françaises férues de Japon, le style « Harajuku Lolita » : des vêtements rose ou bleu pâle couverts de rubans et de dentelle, des accessoires en forme d’étoile, de cœur, d’ourson ou de gâteau. Normalement, ce genre d’articles est réservé aux enfants. De façon générale, en France, après l’adolescence, les jeunes filles évitent tout ce qui est « mignon », elles essaient de devenir femme. Mais celles qui aiment le Japon trouvent « kawaii » ce genre de vêtements et d’accessoires pour adultes. Pour les Français au sens large, c’est sans doute assez kitsch .
— Alors, en France, le « kawaii », ce n’est pas seulement mignon, mais plutôt kitsch et glauque à la fois, c'est ça ?
SUZUKA Kyary et Masuda Sebastian ne jouent pas seulement sur cette puérilité un peu grotesque pour les Français, ils utilisent aussi d’autres codes de la mode gothique, comme les crânes, les globes oculaires, le sang et les clous, déjà adoptés par les jeunes. Et ça, c’est nouveau, à mon avis.
Les Français trouvent « cool » de faire preuve d’originalité, de ne pas être comme tout le monde. Ils ont sans doute été épatés par Kyary Pamyu Pamyu qui allie à des éléments puérils une touche kitsch et glauque de façon très mignonne, parce que c’est du jamais vu. C’est un véritable phénomène, devant lequel ils ne peuvent que s’exclamer : « kawaii !! »
Galerie de photos kawaii (septembre 2012, Harajuku Kawaii !! Fes 2012)
Masuda Sebastian : « Harajuku a trouvé une icône en Kyary, qui participe à la reconnaissance de notre culture. »
« Il suffit de se coiffer et de s’habiller gaiement pour se sentir mieux. » Caro, Chami, Ribon, Kumamiki et Junnyan (de gauche à droite) sont des clients fidèles de 6%DOKIDOKI, boutique conçue par Masuda Sebastian.
Le photographe Yonehara Yasumasa, l’un des promoteurs de la culture kawaii de Harajuku avec Masuda Sebastian. Il possède aussi la boutique Moshimoshi Kawaii Harajuku. « On assiste enfin à un mouvement qui entraîne le quartier de Harajuku dans son ensemble. »
Photos : Kawamoto Seiya
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