La nature abandonnée : le jardin botanique Makino

Une courte promenade à pieds à partir du Chikurin-ji mène à un autre endroit où l’histoire du Japon se mêle à la nature : le jardin botanique préfectoral Makino de Kôchi. Le docteur Makino est connu comme le « père de la botanique japonaise ». Il a passé le plus gros de sa vie à parcourir le Japon et il a ramassé plus de 400 000 spécimens botaniques, dont 1 500 qu’il a par la suite décrits comme de nouvelles espèces ou taxons inférieurs.

 Le jardin botanique Makino
Le jardin botanique Makino

Le docteur Makino a fini par réaliser l’objectif ambitieux que constituait pour lui la publication de Makino’s Illustrated Flora of Japon (la Flore illustrée du Japon de Makino), un opulent chef-d'œuvre qui représente le point culminant de ses vastes recherches.

Reconstitution en 3D du studio de Makino, avec une mannequin à son effigie
Reconstitution en 3D du studio de Makino, avec une mannequin à son effigie

Le jardin botanique a ouvert en 1958, un an après la mort de Makino. Cet endroit d’environ 8 hectares, qui a l’avantage d’occuper un terrain vallonné, resplendit des couleurs des quatre saisons propres au Japon. Il abrite plus de 3 000 espèces de plantes sauvages et cultivées qui sont associées au docteur, dont les cerises chères à Makino et les azalées qui fleurissent au printemps, tandis qu’en automne il est couvert de patrinia jaune, de trèfle japonais et de Heteropappus hispidus, de la même famille que la marguerite.

L’un des hauts lieux du jardin est la grande serre pleine de plantes tropicales rares aux vives couleurs provenant du Japon et d’ailleurs. On y accède via une tour de neuf mètres de hauteur, une sorte de grande cave ressemblant à un arbre et couverte à l’intérieur comme à l’extérieur de plantes grimpantes aux racines tentaculaires.

L’étonnante serre du jardin botanique Makino
L’étonnante serre du jardin botanique Makino

À l’intérieur, divers espaces sont consacrés à un jardin aquatique, à une zone de jungle et à des plantes de terrain sec capables de supporter des températures élevés pendant la journée et basses pendant la nuit.

À l'intérieur de la serre du jardin botanique Makino
À l’intérieur de la serre du jardin botanique Makino

Ce qu’il faut manger et ce qu’il faut faire

De retour en ville, la meilleure façon d’apprécier Kôchi consiste à monter dans un de ses bus ou de ses tramways (qui vont des modèles anciens aux versions des mangas otaku mettant en scène le héros pour enfants Anpanman), puis à descendre au hasard et à explorer les allées ou à se promener au bord de la rivière Kagami. Le centre d’information touristique situé à l’extérieur de la gare de Kôchi propose de nombreuses brochures et horaires qui aident à parcourir la ville.

Un tramway de Kôchi orné d'images représentant Anpanman et ses amis.
Un tramway de Kôchi orné d’images représentant Anpanman et ses amis.

Bien qu’elle coule en pleine ville, la rivière Kagami est suffisamment propre pour que de nombreux résidents locaux y nagent en été. En vérité, la préfecture de Kôchi peut s’ennorgueillir de nombreuses belles rivières de ce genre, depuis la rivière Niyodo à Ino jusqu’à la Doi, un affluent de la Niyodo situé à environ une heure de voiture de la ville. Ces cours d’eau sont idéaux pour nager, faire du canoë et naviguer en radeau. L’effort requis donne indubitablement faim et, à cet égard aussi, Kôchi ne déçoit pas, avec son vaste éventail de plats simples et savoureux, tels que les nabeyaki râmen (nouilles servies dans un pot en terre chauffé) et le sawachi ryôri, un assortiment de différents sashimi et fruits de mer. Il y a aussi le bœuf japonais Tosa Akaushi et, pourrait-on dire, le plat le plus populaire de la région, le katsuo no tataki, constitué de bonite ou de thon légèremnt grillé souvent saupoudré de sel de mer ou garni de sauce aux agrumes à base de ponzu.

On ne peut pas parler de Kôchi sans mentionner le yuzu, un bel agrume au parfum et à la saveur étonnants qui est très prisé dans la cuisine japonais. Semblable au citron, le yuzu apporte une saveur très particulière à tous les plats dont il est assaisonné, depuis les marinades et les sauces jusqu’aux desserts. Et Kôchi, premier producteur mondial de yuzu, compte pour 55 % dans la récolte totale au Japon. (Voir également notre article : Comment le yuzu a revitalisé tout un village)

Des yuzu biologiques d'Umaji, dans la préfecture de Kôchi (© Kusano Seiichirô)
Des yuzu biologiques d’Umaji, dans la préfecture de Kôchi (© Kusano Seiichirô)

La ville de Kôchi regorge d’endroits où l’on peut déguster la cuisine locale, mais parmi toutes les expériences que l’on peut faire, il en est deux qu’il ne faut surtout pas manquer : la visite du marché Hirome (un marché intérieur accueillant doté de 60 stands où l’on sert de la nourriture) et la ruelle du marché, longue de 1,3 kilomètre, où sont proposés des plats locaux traditionnels tels que l’inaka-sushi (sushi végétarien de style campagnard où le poisson a été remplacé par des légumes en conserve ou marinés et du tofu frit) et l’imo-ten, une tempura de patates douces coupées en petites bouchées qui a de bonnes chances de devenir l’un des meilleurs desserts que vous ayez jamais dégustés au Japon.

Inaka-sushi tout frais (© Nippon.com)
Inaka-sushi tout frais (© Nippon.com)
Imo-ten à l'étalage au marché
Imo-ten à l’étalage au marché

(Toutes les photos sont de Gianni Simone, sauf spécification contraire. Photo de titre : dans le sens des aiguilles d’une montre à partir d’en haut à gauche, le château de Kôchi, un tramway, pèlerins du henro portant leurs chapeaux de paille sugegasa [© Gianni Simone] et le marché Hirome [Pixta].)