Dans le feu d’artifice créatif le pyrotechnicien met tout son amour du métier
La catégorie Feux d’artifice créatifs est elle aussi un moment d’intense émotion. Le feu d’artifice créatif est né à Ômagari il y a cinquante ans, à partir d’un concept entièrement original : « Les feux d’artifice peuvent être d’une autre forme que ronds. Pourquoi pas triangulaires ? ». Chaque maison a deux minutes pour tirer une œuvre pyrotechnique, accompagnée de musique et pourvu d’un titre généralement fait pour marquer les esprits, en adéquation avec l’œuvre elle-même.
Par exemple, la maison Haga Kakô, de la préfecture de Miyagi, qui a été durement touché par le tsunami de 2011, a présenté une œuvre intitulée « La Fleur s’épanouit — Lumière de l’espoir ». Au son de la chanson La Fleur s’épanouit qui supporte la reconstruction pour les victimes du séisme, une chanson très douce en fait, un bouquet de liserons bleus et de tournesols s’est épanoui dans le ciel, comme un vœu de lumière. Touché au cœur par la pureté du message et la beauté de la réalisation, le public n’a pas retenu ses applaudissements.
Esthétique de l’éphémère et les feux d’artifice japonais
Les feux d’artifice au Japon attirent les foules. Leur puissance émotionnelle peut atteindre des degrés incroyables. Des gens font construire leur maison près du lieu du festival, d’autres ont obtenu la main de l’élue de leur cœur en lui offrant un feu d’artifice. Ômagari est loin d’être le seul festival de feux d’artifice du Japon à déplacer les foules. Qu’est-ce qui plaît tant aux Japonais dans l’art pyrotechnique ?
Mme Ishii Takako, secrétaire de l’Association des amateurs de feux d’artifice du Japon, l’explique par le fait que les feux d’artifice sont un art de l’éphémère : « À la grande différence de la peinture ou de la photographie, les feux d’artifice ne possèdent pas de forme stable dans le temps. Ils disparaissent en un instant. En outre, il n’y a pas deux feux d’artifice identiques. Je crois que beaucoup de gens les adorent justement parce que leur beauté est éphémère ». C’est également l’avis de M. Konishi, du Club des feux d'artifice d’Ômagari : « Ils disparaissent aux yeux, mais leur beauté se grave dans le cœur. Les feux d’artifice possèdent une force qui nous appelle ».
À quatre reprises au cours des années 1970-80, les Feux d’artifice d’Ômagari ont été donnés en Allemagne. En 1987, à l’époque de la Guerre Froide, à Berlin-Ouest en particulier. Au cours d’une conférence de presse locale, le porte-parole du groupe de visiteurs de la ville d’Ômagari a prononcé des mots très justes : Il y a un mur sur la terre de Berlin, mais le mur n’existe pas dans le ciel. Et en comptant les spectateurs de l’autre côté du mur, ce sont plus de 1,5 million de Berlinois au total qui ont pu admirer le feu d’artifice.
« Faisons du Festival de Feux d’artifice d’Ômagari un moment pour que puissent se réunir les amateurs du monde entier ». C’est une idée qui prend de plus en plus d’ampleur à Ômagari récemment. Les Japonais ne sont pas les seuls à être sensibles à l’éclat et à la beauté éphémère. Il n’y a pas de frontière pour aimer les feux d’artifice.
Enquête et rédaction : Yamakage Hisashi (Directeur du bureau d’Ômagari du journal Akita Sakigake Shinpô )
Photos : Satô Masaru (Directeur adjoint du département visuel du journal Akita Sakigake Shinpô)

