De meilleures coupes pour un grain splendide

Le sciage en quartiers réduit les problèmes de bombement, rétrécissement et éclatement, mais ce procédé de coupe entraîne un plus grand gaspillage de bois et demande davantage de travail, ce qui le rend plus coûteux. En revanche, toutes les faces de la pièce de bois débitée peuvent être utilisées comme keshômen.

Dans le sciage en quartiers, la grume est débitée en quatre quartiers, lesquels sont ensuite sciés pour obtenir des planches, si bien que l’essentiel du grain est perpendiculaire à la surface de la planche.
Le recours au débit sur mailles, qui prend beaucoup de temps et entraîne des pertes de bois, est essentiellement réservé aux objets de valeur tels que les instruments de musique.

Le bois issu du débit sur mailles est le plus coûteux. Lorsqu’une grume est débitée selon ce procédé, le grain de toutes les planches est parfaitement perpendiculaire à leur face. Mais la perte de bois étant considérable, le sciage sur mailles est un procédé très peu utilisé.

Les charpentiers et menuisiers japonais réservent plus particulièrement l’usage du bois scié en quartiers aux zones à usage décoratif comme le tokonoma (alcôve où sont exposés des objets d’art ou des arrangements floraux) ou le genkan (le hall d’entrée où l’on accueille les hôtes et où l’on se déchausse). Les planches ainsi obtenues sont souvent disposées dans un emplacement où une extrémité sera apparente en sus de la face. Plus robuste, plus plat et plus facile à raboter ou à poncer que le bois issu du sciage ordinaire, le bois scié en quartiers est en général réservé à la fabrication du mobilier haut de gamme.

Détails d’une porte en bois scié en quartiers

Aujourd’hui, à l’ère des robots, il est fréquent que les poutres et poteaux d’une maison de style japonais livrés sur un chantier aient été débités à l’avance par ordinateur, si bien que les charpentiers n’ont plus qu’à les assembler et à les cheviller. Cette façon de procéder a ses avantages, mais elle exige des poutres et poteaux qui soient parfaitement droits. Un charpentier traditionnel sait assembler des pièces de bois cintrées ou vrillées, et créer ainsi les faisceaux de poutres emblématiques des minka (habitations traditionnelles).

La prochaine fois que vous visiterez une maison japonaise de style traditionnelle, observez les plinthes du engawa (véranda), les menuiseries du pourtour du tokonoma et la finition des bois du genkan. Les meilleurs menuisiers sont attentifs à tous les détails, en veillant à ce que chaque pièce de bois expose sa meilleure face.

Un charpentier, en train d’assembler des poutres pour la reconstruction d’une maison minka, travaille avec le cintrage et le vrillage naturels des pièces qu’il utilise.
(Photo de titre : les techniques de construction japonaise utilisent de la meilleure façon qui soit les belles faces du bois.)