Une fourmi, des canards, des grenouilles… et la guerre
Seo Mitsuyo (1911-2010) fait partie des animateurs plus récents mis en ligne sur le site Japanese Animated Film Classics. En 1941, il a réalisé Arichan/Arichan the Ant (Arichan, la petite fourmi), un dessin animé visiblement influencé par Walt Disney. L’héroïne, une jeune fourmi, vole un violon et fait la connaissance de divers insectes musiciens avec lesquels elle vit des aventures superbement animées. Elle rencontre également un enfant terrifiant auquel elle échappe de peu. Conformément à la tradition immuable des divertissements destinés aux familles, Arichan a droit à une leçon de morale au cours de son périple.
Seo Mitsuyo est aussi le réalisateur, dans un style nettement plus militariste, de Ahiru rikusentai (Le bataillon d’infanterie des canards) sorti sur les écrans en 1940. Ce film d’animation décrit une guerre entre des canards et des grenouilles qui se termine toutefois de façon pacifique. Seo Mitsuyo est surtout connu pour Momotarô : umi no shinpei (Momotarô, le divin soldat de la mer), un film de propagande de 74 minutes qui constitue à ce titre le premier long métrage d’animation japonais. Mais cette œuvre ne fait pas partie des films visibles sur le site Japanese Animated Film Classics.
Des films d’animation d’une incroyable créativité
Un des dessins animés les plus remarquables choisis par le NFC pour son nouveau site est Ponsuke no haru/Spring Comes to Ponsuke (L’arrivée du printemps à Ponsuke), réalisé en 1934 par Ôishi Ikuo (1902-1944). Il commence par une scène pleine de charme où l’on voit un jeune tanuki, c’est-à-dire un chien viverrin, en train de creuser un trou dans la neige à la recherche de pousses de bambous pour se nourrir. Mais Ponsuke no haru a parfois aussi un côté grotesque, notamment lorsque les masques accrochés au mur de la maison des tanuki se mettent à changer d’expression. Tout finit pourtant pour le mieux avec une danse à la fois enchanteresse et surréaliste en l’honneur de l’arrivée du printemps.
Avec le temps, le film d’animation est devenu l’un des produits d’exportation les plus renommés du Japon, à tel point qu’il a modelé l’image que le monde entier se fait de l’Archipel. Les tout premiers dessins animés mis en ligne par le NFC montrent l’étonnante créativité dont ont fait preuve les précurseurs de l’anime japonais dès le moment où ils ont commencé à explorer ce nouveau moyen d’expression.
(D’après un texte original en anglais de Richard Medhurst de Nippon.com) La vidéo éditée par Nippon.com, avec l’aimable autorisation du National Film Center. Les séquences originales de Namakura-gatana (version longue restaurée numériquement) ont été en partie fournies par Matsumoto Natsuki. La version originale de Ponsuke no haru a été fournie par Planet Film Archive.


