Le 28 juillet 2021 aux JO de Tokyo, le monde entier assistait à la consécration d’un jeune Japonais à l’épreuve indivuelle de gymnastique, après de splendides performances. C’était la première participation de Hashimoto Daiki au plus grand événement sportif mondial, et le voici avec une médaille d’or en poche, permettant au Japon de rester au sommet de la gymnastique. Revenons deux ans auparavant, lors des Mondiaux 2019, où son potentiel se faisait déjà sentir.

Aux Jeux olympiques, la gymnastique est la discipline où le Japon a remporté le plus de médailles : 31 d’or, 33 d’argent et 34 de bronze (avant les JO de Tokyo). Pour ce qui est des médailles d’or, seul le judo n’a pas à rougir et peut se vanter de faire mieux, avec 39 médailles.

Pourtant, le dernier championnat du monde de gymnastique, tenu à Stuttgart (Allemagne) en 2019, était loin d’être gagné. Uchimura Kôhei et Shirai Kenzô, qui sont montés sur la plus haute marche du podium par équipes aux JO de Rio en 2016, se remettaient difficilement de leurs blessures et ont fini par se retirer de la compétition.

Après leur arrivée en Allemagne, le tableau s’assombrit encore un peu plus. C’est au tour du membre clé Tanigawa Wataru de se blesser, à la cheville. Il limitera sa participation aux six agrès que sont le sol, le cheval d’arçon, les anneaux, le saut, les barres parallèles et la barre fixe.

Un futur médaillé d’or se révèle à l’international

Les chances du Japon semblent minces. Enfin, jusqu’à l’entrée de Hashimoto Daiki, qui fait un début fracassant au niveau international. Il est le premier lycéen de sexe masculin à représenter le Japon pour ces championnats, depuis Shirai Kenzô en 2013 et 2014.

Lors des qualifications, il obtient la meilleure note de tous les gymnastes japonais dans ses quatre épreuves. Il excelle tout particulièrement à la première d’entre elles : le cheval d’arçon. Cet agrès est particulièrement difficile puisque les gymnastes doivent balancer leurs jambes en cercle tout le long de leur performance, tout en saisissant les poignées du cheval d’arçons. Cette épreuve exige de l’athlète une concentration parfaite ; un égarement même le plus léger et c’est la chute. Même les gymnastes les plus aguerris la redoutent. Mais pas Hashimoto Daiki. Pas plus qu’il n’a redouté sa première compétition internationale. Au contraire, il a réalisé une superbe performance devant les 10 000 spectateurs ébahis de l’arène de Stuttgart.

Hashimoto Daiki (à droite) montrant fièrement sa médaille de bronze, en compagnie d’autres de l'équipe japonaise de gymnastique aux Championnats du monde de Stuttgart (avec l’autorisation de Yanai Yumiko).
Hashimoto Daiki (à droite) montrant fièrement sa médaille de bronze, en compagnie d’autres membres de l’équipe japonaise de gymnastique aux Championnats du monde de Stuttgart en 2019 (avec l’autorisation de Yanai Yumiko).

Hashimoto Daiki mesure 1,64 m pour 54 kg. Son petit gabarit n’est clairement pas un atout pour l’épreuve du cheval d’arçon, où au contraire les athlètes ayant de longs bras et de longues jambes sont avantagés. Mais les efforts du jeune lycéen ont impressionné les juges, lui attribuant une note de 14,883, capable de rivaliser au niveau international.

« J’étais tellement excité. Je ne me suis même pas senti nerveux » a-t-il confié plus tard.

Après deux superbes prestations au saut et à la barre fixe, épreuves auxquelles il devait initialement participer, il s’illustrera au sol en remplacement de Tanigawa Wataru blessé. Et là, stupeur générale ; c’est lui qui obtient la meilleure note, propulsant le Japon à la troisième place lors des qualifications.

En finale, deux jours plus tard, c’est encore le jeune lycéen qui vient à la rescousse du Japon. Il offre quatre autres prestations, une promotion exceptionnelle pour un gymnaste qui participe à sa première compétition internationale.

En gymnastique par équipes, lors de la phase de qualification, seulement quatre des cinq membres d’une équipe participent à chacune des épreuves. Mais seules les trois meilleures notes sont retenues pour le total général, ce qui permet à l’équipe de limiter l’impact en cas de contre-performance de l’un des gymnastes par exemple. Cependant, en finale, les règles sont plus strictes. Seuls trois membres participent à chaque épreuve et toutes les notes sont retenues pour le calcul du total. Ce qui revient à dire qu’aucun des trois athlètes n’a droit à l’erreur. Les enjeux sont considérables et le jeune lycéen était sous pression.

Et pourtant, il n’a pas démérité. Et il a montré de quoi il était capable. Au cheval d’arçon, sa spécialité, il a exécuté une magnifique performance. Ses pointes de pieds étaient parfaites tout le long de sa prestation. Au saut, il a réussi un saut Lopez, une performance difficile pour un gymnaste. Il a également brillé aux barres horizontales, réussissant un salto Cassina parfait, un élément là aussi difficile, qu’il a commencé à intégrer dans ces figures cet été.

C’était loin d’être gagné mais le Japon décroche une médaille de bronze, derrière la Russie et la Chine. L’entraîneur Mizutori Hisashi, membre de l’équipe japonaise médaillée d’or aux Jeux d’Athènes 2004, était aux anges lorsqu’il a vu la performance de Hashimoto Daiki. « Il a dépassé mes attentes. Il a gagné une reconnaissance internationale » exultait-il.