Montrer l’esthétisme des mouvements

Né en 2001 à Narita, dans la préfecture de Chiba, Hashimoto Daiki a commencé la gymnastique à l’âge de six ans, marchant dans les pas de ses deux frères aînés. Lorsqu’il était au collège, il s’est souvent blessé si bien que ses progrès ont été limités. Mais tout change lorsqu’il s’inscrit au lycée municipal de Funabashi, un établissement de renom dans le sport, où il gagne considérablement en technique. Et au début de sa dernière année de lycée en 2019, ses progrès sont plus rapides ; ils lui valent d’être sélectionné pour les championnats du monde.

La gymnastique est notée à la fois sur la difficulté et l’habileté avec laquelle les figures sont exécutées. Hashimoto Daiki a deux points forts : la précision de sa technique et les qualités esthétiques avec lesquelles il réalise ses figures.

Hashimoto Daiki montre à quel point la « belle gymnastique » est si importante, une opinion qui met d’accord les entraîneurs au niveau junior de tout le Japon. L’esthétisme dans l’absolu mais pas seulement. Le lycéen y accorde lui aussi une attention toute particulière. De ses propres mots, son idéal est d’exécuter correctement même les mouvements simples et de ne jamais se laisser aller au relâchement.

Un mois après son entrée fracassante dans la compétition internationale, au mois de novembre 2019, il remporte le concours général individuel à Takasaki, dans la préfecture de Gunma. À 18 ans et trois mois, il est le plus jeune vainqueur d’un titre de concours général individuel, succédant à Nishikawa Daisuke qui avait remporté le Trophée NHK en 1988 et participé aux Jeux olympiques de Séoul la même année.

Hashimoto Daiki s’exprime après sa victoire au concours général individuel (avec l'aimable autorisation de Yanai Yumiko).
Hashimoto Daiki s’exprime après sa victoire au concours général individuel en 2019 (avec l’aimable autorisation de Yanai Yumiko).

Cette victoire lui assure une place pour la Coupe du monde du concours général en individuel au printemps 2020. Là aussi, une superbe prestation et le voilà qualifié pour les Jeux olympiques de Tokyo.

Mais Hashimoto Daiki garde bien les pieds sur terre. S’il a été le seul gymnaste à obtenir une note supérieure à 86 à Takasaki, un même résultat aux Championnats du monde ne lui aurait valu qu’une modeste sixième place. Il lui faut améliorer ses performances s’il veut avoir une chance sérieuse de décrocher l’or à Tokyo ; il en est parfaitement conscient. « Il faut que je gagne au moins un point pour espérer avoir une chance au niveau international », dit-il.

Les JO de Tokyo : la consécration de Hashimoto Daiki

Hashimoto Daiki a déjà remporté une médaille aux Championnats du monde, à seulement 18 ans. Shirai Kenzô avait décroché l’or au sol aux Championnats du monde en 2013, alors qu’il était en deuxième année de lycée. Mais il ne maîtrisait pas de manière homogène toutes les épreuves, contrairement à Hashimoto Daiki.

Il y a aussi l’impressionnant palmarès d’Uchimura Kôhei, qui a remporté l’or deux fois de suite à Londres en 2012 et à Rio en 2016, au concours général individuel. Mais même la plus grande star japonaise de gymnastique a attendu d’être en deuxième année d’université pour remporter sa première médaille, aux Jeux olympiques de Pékin en 2008.

Lorsqu’Uchimura, à la grande surprise de tous, a chuté lors des épreuves de qualifications lors des JO de Tokyo le 24 juillet, qui aurait pensé que l’or serait quand même atteint ? Le potentiel de Hashimoto Daiki s’est en effet révélé au monde, et a permis de préserver la place du Japon au sommet de la gymnastique. Le 28 juillet 2021, il a obtenu la médaille d’or au concours général individuel avec une note de 88,465.

(Photo de titre : Hashimoto Daiki en pleine épreuve des barres parallèles. Jiji)