Passer aux soins de fin de vie
Immédiatement après la catastrophe de mars 2011, l’exploitant de la centrale de Fukushima, la compagnie d’électricité de Tokyo (Tepco), a ordonné des coupures de courant par roulement pour pallier à la baisse d’alimentation électrique dans le Japon de l’Est. Ces coupures ont été arrêtées en avril de la même année et l’alimentation électrique a été stable depuis.
Trois facteurs semblent avoir évité la crise énergétique que beaucoup avaient prédit. D’abord, il s’est avéré que le Japon disposait de capacités excédentaires considérables sous forme de générateurs thermiques conventionnels inutilisés ou sous-exploités. Deuxièmement, la demande en électricité est restée bien en dessous des niveaux de pointe enregistrés avant la récession mondiale de 2008. Et troisièmement, le peuple japonais s’est consciencieusement efforcé de réduire sa consommation électrique.
La production d’électricité au Japon a atteint un somment avec 1 195 térawatt-heures en 2007. En 2013, elle avait diminué de 8,8 % avec 1 090,5 TWh. Dans le même temps, la population japonaise dans son ensemble, et sa population active en particulier, est en train de rétrécir inexorablement, comme sa base manufacturière. Ceci signifie que la consommation électrique devrait continuer de diminuer naturellement, même sans intervention gouvernementale. Avec des mesures politiques concertées pour améliorer l’efficacité énergétique et élargir l’usage des énergies renouvelables, le Japon devrait être capable de se sevrer complètement d’énergie nucléaire d’ici 2030, tout en réduisant progressivement l’utilisation des énergies fossiles.
Comme mentionné plus haut, les entreprises d’électricité ne peuvent pas espérer redémarrer plus de 20 environ de leurs réacteurs d’ici 2020, dans les meilleures conditions. Il ne sera pas difficile d’arrêter ces 20 réacteurs d’ici 2030.
Les entreprises d’électricité résisteront sans doute à toute tentative de mettre au rebut les réacteurs restants et de diminuer jusqu’à zéro la dépendance du pays à l’énergie nucléaire mais elles pourraient probablement être incitées à le faire si les autorités mettaient simultanément en place des mesures pour atténuer le choc financier. Le gouvernement devra aussi compenser les régions pour la perte des emplois et des subventions associés aux centrales nucléaires en finançant des programmes d’encouragement pour le développement d’autres industries. Il est aujourd’hui temps de prévoir un passage des soins à long terme à des soins de fin de vie pour une industrie de l’énergie nucléaire insoutenable au Japon.
(D’après un original en japonais écrit le 28 septembre 2015. Photo de titre : la centrale nucléaire de Sendai, exploitée par la Compagnie d’électricité de Kyûshû, dans la préfecture de Kagoshima, le 1er octobre 2015. Jiji Press)▼A lire aussi
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(*1) ^ Le réacteur no 3 de la centrale de Takahama a été redémarré le 29 janvier 2016 et le réacteur no 4 le 26 février, mais en mars 2016, les deux réacteurs sont à nouveau mis à l’arrêt sur décision de justice.— N.D.L.R.
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