Près de la moitié des étudiants étrangers au Japon sont aussi chinois

Il ne fait aucun doute que les étudiants étrangers au Japon constituent une réserve de personnel hautement qualifié. La stratégie de renaissance de l’Archipel vise aussi à faire passer à 50 %, contre 30 % actuellement, la proportion d’étudiants étrangers restant au Japon une fois leurs études terminées.

Mais là aussi, les Chinois sont les plus nombreux. Au 1er juillet 2015, il y avait 208 379 étudiants étrangers au Japon, dont 94 111 Chinois, c’est-à-dire presque 45 % du total. Ce sont aussi eux qui restent le plus au Japon à la fin de leurs études.

Les formulaires de candidature comme les examens préliminaires à l’embauche des entreprises japonaises sont majoritairement rédigés en japonais, ce qui donne un avantage aux Chinois qui maîtrisent mieux les kanji que les autres étudiants étrangers.

Il est par ailleurs difficile d’attirer dans les universités japonaises les meilleurs éléments des universités occidentales à cause d’un manque d’attractivité en termes de recherche d’emploi. Le fait est qu’aujourd’hui, si les grandes entreprises japonaises sont connues dans le monde entier, très peu d’entre elles figurent parmi les plus populaires au monde.

Une absence inquiétante de préoccupation

Le gouvernement simplifie les conditions de résidence pour les professions hautement qualifiées, mais dans les secteurs qui manquent de main-d’œuvre comme l’agriculture, la pêche ou le bâtiment, on note une augmentation rapide du nombre d’étrangers pour des « stages techniques ». Le Premier ministre Abe Shinzô affirme ne pas envisager de favoriser l’immigration, mais il est urgent de mettre en place un système qui tienne compte de la réalité. Si le nombre de résidents permanents augmente, leurs familles viendront les rejoindre au Japon. Cela pose de multiples problèmes : quels seront leurs droits sociaux, notamment en matière de retraite ? Quelle éducation fournir à leurs enfants ? Dans le même temps, il sera également nécessaire de réviser la législation pour protéger la population, notamment en matière d'investissements.

Encourager l’accueil d’immigrés sous prétexte de relancer l’économie japonaise est précipité. L’idéal serait de créer une nation diversifiée, mais les obstacles à surmonter sont nombreux. Quels objectifs le Japon doit-il se donner pour son avenir ? C’est aux politiciens, mais aussi au peuple, de s’en préoccuper.

(Adapté d’un original en japonais du 27 mars 2017)