La plus longue expansion depuis la Seconde Guerre mondiale
Dans ses Indices de la conjoncture économique, le gouvernement affirme que l’économie a été en « progression » (sa plus forte évaluation) tout au long des 23 mois qui vont d’octobre 2016 à août 2018. Cette estimation a toutefois été revue à la baisse pour septembre et octobre, pour lesquels le terme employé est « ralentissement ». La série de séismes, pluies diluviennes et typhons de l’été 2018 a constitué le facteur principal de cette revue à la baisse.

On s’attend malgré tout à ce que l’économie échappe à un basculement dans la récession. Un examen du cycle des stocks montre un début de retour à l’augmentation des stocks en octobre, consécutif à une phase d’accumulation pendant le trimestre juillet-septembre provoquée par les difficultés de chargement et de déchargement des navires dues à un grand typhon survenu en septembre. À moins d’un choc important sous une forme ou une autre, l’économie ne semble pas menacée de ralentissement dans les prochains mois.
La croissance de l’économie s’est prolongée au-delà du mois de septembre 2017, au cours duquel elle a dépassé les 57 mois du boom Izanagi (novembre 1965-juillet 1970), qui constituait jusque-là la deuxième plus longue période d’expansion de l’après-guerre. Il est désormais hautement probable que la croissance actuelle atteindra son 74e mois consécutif en janvier 2019, battant par la même occasion le record de durée pour l’après-guerre détenu par le boom Izanami (février 2002-février 2008).
L’économie mondiale reste solide malgré les inquiétudes suscitées par la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine
Dans l’édition spéciale d’octobre 2018 des prévisions ESP, des économistes se sont vu demander de sélectionner trois grands facteurs de risque menaçant de freiner la croissance économique japonaise au cours des 6 à 12 prochains mois. Les deux réponses arrivées en tête concernaient des facteurs extérieurs : un « accroissement du protectionnisme » (28 occurrences) et une « détérioration de l’économie en Chine » (21 occurrences). Aucun facteur intérieur n’a cumulé un nombre de réponses à deux chiffres (y compris les réponses ouvertes) depuis l’introduction de cette question dans l’enquête en juin 2017.
Bien qu’une étude spéciale du mois de novembre suggère une détérioration des perspectives d’évolution du PMI manufacturier de la Chine par rapport au mois d’août, la majorité des personnes consultées, ont répondu « stable » ou aux environs de 50, ce qui montre que peu d’économistes anticipent un fléchissement de l’économie chinoise en 2019.
Il semble que le rapport de forces et les préoccupations sécuritaires soient en train de générer entre les États-Unis et la Chine une guerre commerciale qui a le potentiel de saper les fondements de l’économie mondiale. Il est toutefois très probable que celle-ci continuera de progresser à un rythme régulier en 2019. Le FMI et l’OCDE anticipent tous deux une croissance solide au niveau mondial. Dans les Perspectives économiques mondiales qu’il a publiées en octobre dernier, le FMI prévoyait un taux de croissance mondiale de 3,7 % en 2018 et 2019. Et les chiffres annoncés par l’OCDE dans un rapport publié en novembre étaient de 3,7 % en 2018 et 3,5 % en 2019.