La hausse de la taxe à la consommation aura moins d’impact que dans le passé
La demande va grimper avant l’augmentation de la taxe à la consommation de 2019 et elle devrait donc enregistrer par la suite une chute momentanée, mais il est prévu que le gouvernement prenne des mesures correctives.
Dans les prévisions ESP de novembre, figurait un indice de diffusion composite sur la conjoncture exprimant le point de vue consensuel des prévisionnistes. Cet indice se situe dans la tranche haute des 80 à 90 pour les trois trimestres qui vont de janvier à septembre 2019, un chiffre bien supérieur au seuil de 50 qui constitue la ligne de séparation entre croissance et contraction de l’économie. Les prévisionnistes semblent s’accorder pour dire que l’économie va poursuivre son expansion jusqu’en juillet-septembre 2019 et que la période de croissance dépassera les 82 mois.
Au cours du trimestre octobre-décembre 2019, qui subira les effets de l’augmentation de la taxe à la consommation, l’indice de diffusion tombera momentanément à 5,3, pour rebondir à 48,7 en janvier-mars 2020, puis dépasser les 50 et atteindre 70,8 en avril-juin 2020. Cette évolution représente une durée de croissance économique de plus de 91 mois.
En avril 2014, quand la taxe à la consommation est passée de 5 % à 8 %, la consommation a connu une chute brutale, même si l’économie a échappé à la récession. En 2019, la taxe à la consommation va être augmentée de deux points de pourcentage, contre trois points dans le cas précédent. Le gouvernement est en train d’élaborer un certain nombre de mesures de correction, dont une réduction du taux de la taxe pour certains achats et un système de points de fidélité. Compte tenu de ces facteurs, il y a peu de chances que l’augmentation de la taxe à la consommation provoque une récession.
Un autre point qui mérite d’être noté est que la baisse du pourcentage de la population engagée dans la production est plus lente qu’en 2014. Ce ratio, qui était de 62,1 % en 2013, a perdu 0,7 points en une seule année pour tomber à 61,3 % en 2014. Le fort déclin de la population en âge travailler, la tranche d’âge des 15-64 ans, résultait du retrait de la génération du baby-boom de la population active. On pense que l’augmentation de trois points de pourcentage de la taxe à la consommation au moment où les membres de la génération du baby-boom prenaient leur retraite a incité ces derniers à réduire leurs dépenses au-delà des prévisions, parce qu’ils avaient le sentiment que l’augmentation de la taxe faisait peser sur eux un fardeau excessif.
Il est prévu que le pourcentage de la population engagée dans la production passe de 59,6 % en 2018 à 59,3 % en 2019, soit une baisse de 0,3 point de pourcentage. Il est donc raisonnable de penser que l’impact du ralentissement de la consommation sera moins fort en 2019 qu’il l’a été auparavant.