Mettre l’accent sur l’effet préventif du vieillissement et des maladies
Les effets de l’alimentation japonaise des époques successives sur la durée de vie et le vieillissement, ont été évalués à l’aide des souris modèles atteintes d’un syndrome de vieillissement accéléré, par ailleurs largement utilisées dans la recherche sur les maladies liées au vieillissement.
Les souris ne présentent pas de différence notable dans le degré de vieillissement apparent à l’âge de 24 semaines en fonction du régime alimentaire qui leur est donné. En revanche, à 48 semaines, la progression du vieillissement est inhibée dans les groupes « 1975 » et « 1990 » par rapport au groupe « 2005 ». La tendance au vieillissement est particulièrement ralentie dans le groupe « 1975 ».
Les capacités d’apprentissage et de mémoire non plus ne présentaient aucune différence notable à 24 semaines, mais à 48 semaines, ces compétences étaient beaucoup mieux conservées dans le groupe « 1975 » que dans le groupe « 2005 ». En outre, la durée de vie des groupes « 1975 » et « 1990 » était plus longue que celle du groupe « 2005 », tendance particulièrement forte dans le groupe « 1975 ».
Au terme de ces expériences sur des souris, on a pensé que l’alimentation japonaise des années 1975 et 1990 présentait une efficacité certaine sur le vieillissement et la durée de vie. Mais ce résultat est-il extrapolable à l’homme ? D’autres protocoles expérimentaux ont donc été élaborés avec l’approbation du comité d’éthique sur les recherches à patients humains de l’Université du Tôhoku.
L’alimentation de « 1975 » : des effets positifs sur la flore intestinale
Dans une première phase, deux groupes de personnes légèrement obèses âgées de 20 à 70 ans ont reçu deux types d’alimentation : celle « conventionnelle » d’aujourd’hui et celle de type « 1975 », à raison de 3 repas par jour pendant 28 jours. Les mesures établies avant et après l’expérience ont montré que l’IMC (indice de masse corporelle) et le poids avait significativement baissé dans le groupe « 1975 », ainsi que la concentration de « mauvais » cholestérol et d’hémoglobine A1c, marqueur du diabète. Une réduction du tour de taille a également été observée, et le « bon » cholestérol a eu tendance à augmenter.
Dans une seconde phase, la même expérience a été menée sur deux groupes de personnes non-obèses âgées de 20 à 30 ans, pendant la même durée de 28 jours. En sus des types d’alimentation différentes, les deux groupes avaient pour contrainte d’effectuer une activité physique de plus d’une heure par jour, trois fois par semaine. À l’issue de l’expérience, la quantité de stress et les performances physiques s’étaient améliorées dans le groupe « 1975 ». Dans le même groupe d’autre part, les bactéries de la flore intestinale liées à une augmentation des risques de maladies liées au mode de vie étaient moins importantes, suggérant des avantages pour la santé sur les bactéries et leurs métabolites.
Selon ces expériences, l’alimentation japonaise de 1975 aurait donc un effet bénéfique sur la santé par rapport à celle d’aujourd’hui.
Le secret du menu 1975
À ce propos, il est possible de dégager cinq éléments spécifiques de l’alimentation japonaise de 1975.
La diversité : Nous mangions alors toutes sortes d’ingrédients, en quantités réduites. Il est effectivement souhaitable de manger au moins trois plats différents, principal et d’accompagnement.
Le mode de cuisson : Les aliments étaient consommés le plus souvent, et par ordre décroissant : bouillis, étuvés, ou crus. Dans une moindre mesure : blanchis et grillés. Les plats frits ou sautés étaient beaucoup moins courants qu’aujourd’hui. Or, la cuisson à l’huile et forte chaleur détruit bon nombre des éléments nutritifs fonctionnels des aliments. Par exemple, pour un poisson à chair bleu comme le chinchard, les valeurs en oméga-3 et oméga-6 tombent à un dixième de leur valeur d’origine entre l’aliment frit et l’aliment cru.
Les ingrédients : Les produits à base de soja, les poissons, les tubercules, les légumes (y compris macérés au sel ou en saumure), fruits, algues, champignons, thé vert étaient abondamment consommés, alors que les œufs, les produits laitiers et la viande l’étaient beaucoup plus modérément.
L’assaisonnement : Les bouillons et assaisonnements fermentés (sauce soja, miso, vinaigre, mirin, saké) étaient bien utilisés, alors que l’usage du sucre et du sel était beaucoup moindre.
La composition du menu : Le menu type respectait la règle « 3 plats + 1 soupe », c’est-à-dire : l’aliment de base (riz blanc), une soupe, 1 plat principal et 2 accompagnements, basé sur le principe « d’un aliment de base et une soupe » permettait en fait de manger très varié.
Ce sont des menus présentant ces caractéristiques qui ont été réalisés sous l’appellation « alimentation japonaise type 1975 » et consommés en continu au cours des expériences que nous avons décrites.