Donner accès à l’éducation

L’histoire de Nabila est poignante. De retour au Pakistan, elle ne pourrait toujours pas aller à l’école. Vu son âge, il était urgent de lui offrir la possibilité d’étudier.

Le député Ozawa Sakihito, ministre de l’Environnement quand le Parti démocrate du Japon était au pouvoir, faisait partie du même club de base-ball que moi au collège. Je lui ai parlé de Nabila, une fois la fillette repartie au Pakistan. Construire une école près de chez elle dans le cadre de l’aide publique au développement fournie par le Japon aurait pris trop de temps. M. Ozawa m’a promis son soutien pour aider la jeune fille à étudier dans les meilleurs délais.

Avec son soutien, nous avons mis en place fin février une Collecte pour Nabila(*1) afin de rassembler des dons pour lui permettre d’aller à l’école. Informée de cette campagne, une école pakistanaise lui a ouvert ses portes et, depuis le 14 mars, Nabila fréquente cet établissement de Peshawar en compagnie de ses six frères et sœurs.

The Smart School est située en banlieue de Peshawar, dans un quartier résidentiel paisible et plein de verdure. Les cours sont dispensés en anglais et il y a aussi une initiation à l’informatique, c’est un environnement idéal pour développer les facultés de Nabila. Son père, Rafiq, qui l’a accompagnée au Japon, est enseignant et il souhaitait vivement qu’elle fréquente cet établissement de Peshawar, ville où ils ont également de la famille.

Début avril, je suis allé rendre visite à Nabila. Je voulais montrer aux donateurs des images d’elle à l’école. Dès mon arrivée, Rafiq m’a serré dans ses bras. Nabila, souriante, était également ravie de me revoir. Leur attitude laissait deviner à quel point ils avaient un bon souvenir du Japon.

« J’ai été ravie de pouvoir m’exprimer devant les Japonais », m’a confié Nabila. « Les Japonais sont polis et gentils, je les aime beaucoup. Leur hospitalité m’a émue. Quand j’ai parlé des drones aux États-Unis, peu de gens sont venus m’écouter. Je pensais que le monde était ainsi, mais au Japon, j’ai découvert un autre univers, des gens différents. Je suis reconnaissante d’avoir pu aller au Japon pour parler de l’importance de l’éducation et du drame qu’est la guerre menée par les Américains. »

« Mon souvenir le plus fort est le Kinkaku-ji. Sa forme et sa couleur sont superbes, ainsi que le jardin. » Le 17 novembre 2015 à Kyoto, devant le temple Kinkaku-ji.

Dans les pays en développement, nombreux sont les enfants qui n’ont pas accès à l’école. C’est sans doute encore plus vrai dans les pays musulmans du Moyen-Orient, où les conflits et la violence font rage. Nabila, née en 2004, n’a connu que la « guerre contre le terrorisme », qui a débuté en 2001 dans les zones tribales du Pakistan. En l’aidant à suivre sa scolarité, nous souhaitons souligner l’importance vitale de l’école pour l’avenir des jeunes, afin de mettre un terme à la violence dans le monde non par les armes, mais par l’éducation. Nous voulons également montrer aux Japonais et aux gens du monde entier le rôle que peut avoir le Japon dans la lutte contre le terrorisme et dans la construction de la paix.

(Photo de titre : Nabila en classe à The Smart School de Peshawar, photo prise le 4 avril 2016 par l’auteur.)
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(*1) ^ Pour adresser vos dons à la Collecte pour Nabila : Bank of Tokyo-Mistubishi UFJ, Akasaka-mitsuke branch, account number 0280580, Center for Contemporary Islamic Studies in Japan Nabila Donation. Depuis le 9 mai, vous pouvez donner par le biais du système de Softbank « Kazashite bokin » lié à la facturation de votre abonnement de téléphonie mobile (https://ent.mb.softbank.jp/apl/charity/sp/careerSelect.jsp?corp=359). Merci d’avance de votre générosité.