L’arrivée des promoteurs immobiliers
Dans les années 1990, la renommée de Harajuku a attiré l’attention des promoteurs immobiliers sur le quartier et ceux-ci ont investi dans la construction d’édifices dédiés à la vente d’articles de mode. L’église Tokyo Union Church a été démolie et à son emplacement, la société de gestion immobilière Mori Building a bâti un centre commercial, Laforet Harajuku, qui a eu un immense succès. Du coup, les grands noms du secteur de l’habillement ont installé des succursales sur place et Harajuku est devenu un rendez-vous incontournable des fans de la mode du monde entier.
À partir des environs de l’an 2000, le quartier s’est mis à perdre l’identité qui faisait son originalité. La prolifération des concessions et des immeubles commerciaux a contraint les boutiques les plus singulières à migrer vers Ura-Harajuku, un ensemble de petites rues aux alentours de Harajuku. Les grandes marques ont alors commencé à envahir les avenues de Harajuku et à lui donner l’aspect qui est le sien à l’heure actuelle.
L’immeuble Co-op Olympia Annex ne va pas tarder à être démoli lui aussi, dans le cadre du projet de restructuration du quartier. La plupart de ses occupants ont d’ailleurs déjà quitté les lieux. Tokyu Fudôsan Holdings envisage d’y construire un centre commercial de 22 000 mètres carrés qui devrait ouvrir ses portes dès 2020. Ce promoteur immobilier, le quatrième du Japon en termes d’importance, gère déjà le Tokyu Plaza Omotesandô Harajuku, ouvert en 2012 sur le site de l’immeuble Harajuku Central Apartments, et il a également construit un complexe commercial sur l’avenue Meiji-dôri.
Un avenir très préoccupant
Harajuku a complètement changé de visage avec les Jeux olympiques de 1964. Et ceux de 2020 qui se dérouleront à Tokyo 56 ans plus tard vont eux aussi apporter leur lot de transformations. Si bien qu’on est en droit de se demander ce que le quartier va effectivement devenir. Moi qui ai passé ma jeunesse à Harajuku, je suis préoccupée par l’avenir qui l’attend.
J’aimerais que tous les touristes qui viennent sur place aient l’occasion de voir les remarquables photographies de 70’s Harajuku. Ils pourraient ainsi se promener dans les rues commerçantes de Harajuku en ayant en tête les clichés débordant de jeunesse et de créativité de Nakamura Non et se faire une véritable idée du passé de ce quartier mythique.
(Note : L’article a été mis à jour le 21 novembre 2019 .Photo de titre : le pignon qui surmonte l’entrée de la vieille gare rétro de Harajuku. Photo : Nakamura Yukino)
