Un centre économique et culturel

Au XVe siècle, la ville change de nom, et passe de Naniwa à « Osaka » (la graphie du mot était toutefois différente de celle actuelle). Point stratégique pour les transports, c’est aussi une base essentielle sur le plan militaire et politique, que les dirigeants de chaque époque cherchent à contrôler. En 1532, Rennyo (moine considéré comme le second fondateur de la secte bouddhiste de l’École véritable de la Terre pure, ou Jôdo Shinshû) fait construire un ensemble de temples connu sous le nom de Hongan-ji d’Ishiyama. Le lieu est cependant assiégé par le chef de guerre Oda Nobunaga puis détruit par le feu en 1580, mais trois ans plus tard, le shogun Toyotomi Hideyoshi y commence la construction du château d’Osaka.

En 1615, le shogunat des Tokugawa  inflige une défaite finale au clan des Toyotomi lors de la campagne d’été d’Osaka. Sous le contrôle des Tokugawa débute la transformation de la ville. Le nouveau pouvoir central la réorganise autour de son château, en drainant le terrain marécageux grâce à des canaux qui forment un réseau servant au transport des marchandises. Les artisans et les commerçants qui viennent s’y installer sont à l’origine de la prospérité qui continue encore aujourd’hui.

Osaka devient alors une véritable plaque tournante pour le Japon, ce qui lui vaut son surnom de « cuisine du Japon » (voir notre article lié). On y trouve toutes sortes de marchés spécialisés où sont vendues les marchandises venues de la mer Intérieure, et du Pacifique grâce au développement de nouvelles routes maritimes. Reliée à Kyoto par le fleuve Yodo, la ville est aussi au centre d’un réseau de routes terrestres.

Nouveaux bateaux de transport de coton descendant la rivière lors de la régate de Higaki Des produits venus de tout le pays étaient transportés par voie fluviale dans les entrepôts de chaque clan, ce qui valut à Osaka le surnom de capitale de l’eau (Propriété de la bibliothèque départementale d’Osaka de Nakanoshima)
Nouveaux bateaux de transport de coton descendant la rivière. Des produits venus de tout le pays sont transportés par voie fluviale dans les entrepôts de chaque clan (propriété de la bibliothèque préfectorale Nakanoshima d’Osaka).

Osaka étant un centre économique actif, et les entrepôts des grands clans jouent un rôle particulièrement important. Ces clans financent l’impôt qu’ils doivent chaque année au shogunat en vendant le riz récolté sur leurs terres, stocké dans ces bâtiments érigés au bord de l’eau. Les transactions se font à la Bourse du riz installé sur la rive de Dôjima. Ce lieu est resté dans l’histoire comme le premier au monde où sont réalisées les transactions à terme.

La Bourse du riz de Dōjima, où furent réalisées les premières transactions à terme au monde (Propriété de la bibliothèque départementale d’Osaka de Nakanoshima)
La Bourse du riz de Dôjima, où furent réalisées les premières transactions à terme au monde (propriété de la bibliothèque préfectorale Nakanoshima d’Osaka)

Osaka est non seulement un centre économique mais aussi une ville culturelle. De la fin du XVIIe au début du XVIIIe siècle, elle est le centre d’une culture de l’ère Genroku. Les riches marchands ont rendu possible l’essor non seulement des sciences mais aussi des lettres et des arts comme le théâtre kabuki Kamigata (c’est-à-dire de la région de Kyoto et d’Osaka) ou encore le théâtre de marionnettes bunraku.  De grands auteurs tels que Ihara Saikaku et ses œuvres décrivant la vie des marchands et des citoyens d’Osaka, ou bien les pièces de Chikamatsu Monzaemon connaissent un énorme succès. Le quartier de Dôtonbori, où se regroupent les théâtres, devient l’endroit le plus animé de la ville.