Le succès est venu des États-Unis
Au début, les ventes ont été lentes. Ibe explique :
« Dans une époque où la tendance était aux montres fines et habillées, il y avait peu d’espoir pour une montre d’un encombrement certain comme la G-Shock. D’autre part, de nombreux magasins d’horlogerie gagnaient leur vie en réparant des montres. Ils étaient plutôt réticents pour vendre des montres incassables. »
C’est aux États-Unis que la popularité de la G-Shock a commencé à se manifester.
Dans une publicité télévisée controversée, une G-Shock servait de palet de hockey sur glace. Grand coup de crosse. Arrêt du gardien de but. Dans son gant, la G-Shock n’a pas bougé et indique toujours les secondes à la perfection. Il fallait oser. Mais lorsqu’une émission d’information nationale a fait le test pour de vrai, eh bien… c’était vrai. Plus aucun doute, la robustesse de la G-Shock a été instantanément reconnue et les ventes ont explosé. Mais Ibe pensait encore que ce n’était qu’un phénomène passager.
« Après le lancement de la G-Shock, j’ai été chargé des montres de haute qualité à bas prix pour le marché des pays en voie de développement. Mais la marque Casio était encore quasiment inconnue à l’époque et nos clients situaient la limite supérieure pour le prix public de nos produits à 4 000 yens (30 euros). Alors même si la G-Shock connaissait un succès aux États-Unis à un prix dépassant les 10 000 yens (75 euros), nous ne pouvions imaginer un boom mondial. »
Un boom qui nous a tenus trop occupés pour nous réjouir
Quand le design rond et plus massif de la G-Shock a été lancé dans les années 1990, cela correspondait aux débuts de la tendance street-wear et de la mode surdimensionnée venue des États-Unis. La robustesse de la G-Shock a également parlé aux skateurs habitués aux chutes et aux surfeurs, pour qui l’étanchéité était un must. Les ingrédients étaient enfin réunis pour un boom de la G-Shock au Japon.
Au bout de 10 ans, le dur labeur portait enfin ses fruits. Mais Ibe n’a pas eu le temps de se réjouir :
« La demande pour les G-Shock a explosé, et les détaillants en voulaient toujours plus, et tout de suite. Dans l’entreprise, ça a été la panique pour ajuster les lignes de production et nous procurer les pièces. La pénurie était telle que nous avons dû passer la consigne de ne pas acheter de G-Shock pour eux.





