Une découverte inattendue
L’existence du casque et de l’armure était connue de tous. Cependant, les archives permettant d’affirmer à qui ils avaient appartenu, ou même comment ils s’étaient retrouvés au temple Kokutai-ji, se perdirent dans les méandres du temps... Pendant des années, elles sont restées enfermées dans des caisses en bois scellées et n’auraient vu la lumière du jour qu’une ou deux fois. Puis en 2020, la découverte d’un registre dressant une liste desdits objets permit d’apporter les réponses tant attendues. On pouvait notamment y lire comment Yamaoka avait fait don du casque et de l’armure qui avaient appartenu à Kondô Isami.
Une enquête a révélé la présence d’aucune autre panoplie d’armure au temple. Ces pièces ont donc été désignées comme identiques à celles qui figuraient sur le registre. Le temple Kokutai-ji s’est plus tard associé au Musée Shinminato afin d’étudier de plus près ces objets. Un expert déterminera que ceux-ci dataient de l’époque d’Edo, tout en utilisant des pièces remontant à l’époque Muromachi (1333–1568).
Il fut donc déterminé que le casque et l’armure avaient appartenu à Kondô Isami. Cependant, ce dernier était réputé pour détester ce genre de panoplies. Il est probable qu’il ne l’ait portée qu’une seule fois dans sa vie.
Une chance d’admirer des trésors uniques
Le temple Kokutai-ji était proche du clan Tokugawa pendant l’époque d’Edo. Il a notamment disposé des tablettes mortuaires pour chacun des shoguns, à commencer par Iemitsu (1623–1651), le troisième chef du shogunat. Néanmoins, lorsque Yamaoka se rendit au temple dans le cadre d’une visite de l’empereur Meiji dans la région Hokuriku, il fut choqué de constater que l’édifice était tombé en ruines, en partie à cause du mouvement anti-bouddhiste qui avait vu le jour au début de la nouvelle ère.
Bien décidé à redonner au temple toute sa superbe, Yamaoka se mit en tête de lever des fonds, mettant à profit ses propres talents de calligraphe. Ainsi, il se vendit plus de 10 000 de ses œuvres, et c’est à cette époque-là qu’il fit don du casque et de l’armure de Kondô au temple Kokutai-ji.
Le véritable rôle joué par Yamaoka dans la stabilisation de la situation du pays, laquelle permit à Edo ne pas sombrer dans la guerre, est souvent occulté au profit d’une rencontre entre Saigô Takamori et Katsu Kaishû. Cependant, Yamaoka, lui, préférait rester dans l’ombre. Saigô Takamori disait de lui que l’histoire ne saurait être contée avec véracité que par une personne qui ne tient à rien, ni à la vie, ni à la gloire, ni à l’argent. L’histoire des objets appartenant à Kondô Isami n’est qu’un des nombreux exemples illustrant à quel point Yamaoka approuvait cette éthique.
(Photo de titre : l’armure côté avant et côté arrière du samouraï Kondô Isami, conservée au temple Kokutai-ji de la ville de Takaoka. Toutes les photos sont avec l’aimable c de l’auteur, sauf mention contraire.)


