Prendre le train avec les premiers modèles

Un prototype de vêtement équipé d’un « refroidisseur à eau » a été tout d’abord fabriqué. L’eau d’un réservoir est aspirée par une pompe et des durites, et pulvérisée sur le vêtement, qui dissipe alors la chaleur par évaporation, puis évacuation par le flux d’air du ventilateur. Pour tester son prototype, Hiroshi prenait le train en portant le prototype avec une affichette « Expérience en cours ».

Vêtement climatisés n° 1 (modèle 1999). L'eau est acheminée vers un filtre situé sur la poitrine et l'air est soufflé par un ventilateur.
Vêtement climatisés n° 1 (modèle 1999). L’eau est acheminée vers un filtre situé sur la poitrine et l’air est soufflé par un ventilateur.

« Les gens autour de moi me regardaient d’un œil suspicieux. En plus de cela, ma fille, lycéenne, a vu la scène et m’a supplié d’arrêter parce ça la gênait devant ses camarades. »

Les réservoirs étaient lourds et fuyaient. En outre, il s’est avéré le refroidissement était plus important que nécessaire lorsque la température était basse et, à l’inverse, moins efficace lorsqu’il faisait vraiment chaud. Bref, échec total…

Toutefois, c’est pendant qu’il cherchait une solution à ce problème de fuite qu’il a eu une autre inspiration.

« Quel besoin d’ajouter de l’eau ? Le corps fournit lui-même la quantité suffisante d’eau à vaporiser pour se refroidir : c’est le phénomène de la transpiration. Il suffirait de faire évaporer cette sueur avec un ventilateur pour garder notre corps à la bonne température. »

Modèle 2001. Quatre petits ventilateurs vendus dans le commerce sont intégrés au vêtement pour évacuer l'air chaud de l’intérieur vers l’extérieur.
Modèle 2001. Quatre petits ventilateurs vendus dans le commerce sont intégrés au vêtement pour évacuer l’air chaud de l’intérieur vers l’extérieur.
Modèle 2002. Des entretoises sont fixées entre le vêtement et la doublure pour empêcher que le vêtement ne colle à la peau, et ainsi améliorer le flux d'air.
Modèle 2002. Des entretoises sont fixées entre le vêtement et la doublure pour empêcher que le vêtement ne colle à la peau, et ainsi améliorer le flux d’air.

Encouragements des premiers utilisateurs

En 2004, six ans après le début des recherches, 7 000 premiers « costumes climatisés » ont été vendus en édition limitée.

Des communiqués de presse ont été envoyés à divers médias, et les vêtements ont commencé à faire parler d’eux pour leur caractère inhabituel et ont été repris par les journaux télévisés et les grandes émissions. Cependant, une fois la vague de couverture médiatique retombée, les ventes sont restées faibles, autour de 10 000 pièces par an.

« De toute façon, c’est un produit inédit, les consommateurs n’ont rien à quoi le comparer. Et, surtout, ils sont gênés par des idées préconçues sur la raison pour laquelle ils devraient porter un blouson en pleine canicule. Il faut en essayer un pour découvrir à quel point c’est confortable... »

Hiroshi rongeait son frein, mais la question de l’apparence était plus sensible qu’il ne le pensait.

Modèle 2004. Avec un ventilateur plus grand. En outre, l’idée d'évacuer l'air chaud de l'intérieur des vêtements vers l’extérieur a été inversée et le ventilateur aspire maintenant l’air extérieur vers l’intérieur.
Modèle 2004. Avec un ventilateur plus grand. En outre, l’idée d’évacuer l’air chaud de l’intérieur des vêtements vers l’extérieur a été inversée et le ventilateur aspire maintenant l’air extérieur vers l’intérieur.

Pendant ce temps, la mer est forte pour l’entreprise.

Les équipements de mesure à tubes cathodiques était un produit à haute valeur ajoutée, à 5 millions de yens l’unité. Trois à cinq unités vendues par mois suffisait pour joindre les deux bouts. En revanche, des vêtements de travail requièrent un tout autre type de gestion commerciale : chaque article coûtait environ 10 000 yens. Hiroshi, à court de fonds, y a investi toute sa fortune personnelle, ce qui n’était qu’une goutte d’eau par rapport aux besoins. Et voilà que la banque a refusé de lui accorder un prêt supplémentaire. Le mot « faillite » commençait à clignoter dans sa tête.

Mais ce qui l’a empêché d’abandonner, c’est la certitude que « les vêtements climatisés sont le seul moyen de vous protéger des coups de chaleur à l’extérieur » et les encouragements de leurs fidèles clients.

Un appel téléphonique est arrivé qu’il n’oubliera jamais.

Un jour, le centre d’appels de l’entreprise reçoit un appel d’une femme qui commence par agresser l’employée :

« Vous voulez tuer mon mari, c’est ça ? »

Et d’expliquer qu’ils ont acheté trois « vestes climatisées » dont les ventilateurs sont toujours tombés en panne pendant que son mari travaillait sur son chantier.

À l’époque, effectivement, il y avait des produits défectueux, des soucis de câblage.

Dès que l’employée lui a raconté l’histoire, Hiroshi a rappelé le mari de la cliente et s’est excusé personnellement. Il savait comment on se sent quand un ventilateur tombe en panne alors que vous travaillez sous un soleil de plomb.

Or, à peine Hiroshi s’est excusé que le client lui répond :

« Je suis fan de vos vêtements climatisés ! Chaque été, je me retrouvais à l’hôpital sous perfusion à cause de coups de chaleur, mais depuis que j’ai découvert vos habits, fini l’hôpital. Je ne peux pas travailler l’été sans ces vêtements. Alors, s’il vous plaît, n’abandonnez pas et tenez bon. »

Le nombre de clients réguliers a augmenté progressivement. Appels téléphoniques et lettres d’encouragement arrivaient.

« Nombreuses sont les personnes qui dépendent de vêtements climatisés pour continuer à vivre et travailler pendant les périodes de canicule. Nous devons répondre à leurs attentes. » Hiroshi a travaillé avec Kurumizawa Takeo, le directeur chargé de la technologie, pour apporter des améliorations. Il s’agissait d’entrer dans les moindres détails et de se concentrer sur chaque millimètre.

Modèle 2005. Le premier de ce qui allait devenir le modèle actuel. Amélioration du montage du ventilateur.
Modèle 2005. Le premier de ce qui allait devenir le modèle actuel. Amélioration du montage du ventilateur.