Le pouvoir des médias

Parallèlement, l’influence des films et des jeux vidéo, tels que la simulation automobile Gran Turismo et la franchise cinématographique Fast and Furious, ont déclenché un regain d’intérêt pour les voitures de sport japonaises aux États-Unis.

Le premier Gran Turismo est sorti en 1997 sur Playstation, donnant naissance à une série à succès totalisant plus de 90 millions d’unités vendues dans le monde entier. Les voitures représentées dans le jeu, tout comme les circuits de course et les routes publiques, sont fidèlement reproduites en 3D à partir de leurs modèles réels. Gran Turismo offre une simulation extrêmement réalistes de la conduite de superbes voitures de sport japonaises, stimulant la popularité de ces dernières auprès de ceux qui n’avaient pas encore la chance de pouvoir s’installer au volant de ces véhicules d’exception dans la vie réelle.

Trois ans plus tard, en 2001, le premier Fast and Furious débarque sur les écrans du monde entier. Cette franchise, centrée sur les courses de rue illégales, est rapidement devenue très populaire (à ce jour, elle comprend 10 volets). Les films mettent régulièrement en avant de superbes voitures de sport japonaises très personnalisées. Le personnage principal, Brian O’Conner (interprété par feu Paul Walker), conduit une Supra d’un orange éclatant dans le premier film, puis une Skyline GT-R argentée et une Lancer Evolution dorée dans le deuxième. Son partenaire, Dominic (Vin Diesel), conduit pour sa part une Mazda RX-7 dans le premier volet.

Fast and Furious a eu un impact décisif pour l’avènement de la classe de voitures personnalisées dites JDM (pour Japanese Domestic Market, marché domestique japonais) aux États-Unis. Ce sigle, qui désignait initialement les pièces et les véhicules préparés spécifiquement pour le marché japonais, se concentre désormais sur les petites sportives telles que la Civic ou l’Integra, qui sont importées avec des spécifications japonaises puis tunées et ajustées au goût américain.

Le tuning, une autre influence majeure

La pratique consistant à tuner individuellement ces sportives afin d’en tirer davantage de performance est un autre élément de la culture automobile japonaise qui s’est diffusé dans le reste du monde. Les origines du tuning remontent aux courses Minor Touring, qui ont atteint leur apogée dans les années 1970. Elles mettaient en scène des voitures grand public, avec des moteurs de moins de 1 300 centimètres cubes de cylindrée, que les pilotes ajustaient et amélioraient pour obtenir plus de puissance.

En 1995, cette pratique connaît un tournant majeur avec la révision de la Loi sur les véhicules de transport routier, accompagnée d’une déréglementation des pièces automobiles. Le tuning, qui était techniquement interdit avant cela, a alors été presque complètement légalisé, ce qui a créé un environnement dans lequel davantage de conducteurs pouvaient enfin s’adonner à la personnalisation de leurs véhicules. Les vedettes de cette nouvelle scène étaient alors, bien évidemment, les voitures de sport des années 1990.

La Nissan Skyline GT-R (modèle BNR34) a été lancée en janvier 1999. C’était la dernière GT-R à être équipée d'un moteur six cylindres en ligne. (© Nissan)
La Nissan Skyline GT-R (modèle BNR34) a été lancée en janvier 1999. C’était la dernière GT-R à être équipée d’un moteur six cylindres en ligne. (© Nissan)
La Honda S2000, sortie en avril 1999, était la première voiture du fabricant en 29 ans dotée d’une disposition FR (moteur avant/roues motrices arrière), mais aussi sa dernière. (© Honda)
La Honda S2000, sortie en avril 1999, était la première voiture du fabricant en 29 ans dotée d’une disposition FR (moteur avant/roues motrices arrière), mais aussi sa dernière. (© Honda)

En considérant l’existence de la « règle des 25 ans », toujours en vigueur aux États-Unis, on peut prévoir que les collectionneurs se tourneront désormais vers les sportives sorties en 1998-99. Quel sera donc le véhicule le plus convoité ? Probablement le modèle R34 de la Nissan GT-R, qui vaut déjà plusieurs dizaines de millions de yens sur le marché d’occasion. D’autres modèles devraient également connaître un grand succès, comme la Toyota Altezza (une rare berline japonaise dotée d’une disposition FR), ou la Honda S2000 (un convertible deux places avec un moteur haute vitesse et haut rendement à l’avant et des roues motrices arrière).

(Photo de titre : le Nissan Skyline GT-R modèle R34, qui est à l’heure actuelle la plus coûteuse des voitures japonaises des années 1990. © Nissan)