Pour redorer l’image de Fukushima

Depuis la catastrophe du 11 mars, le nombre de visiteurs dans les quatre ateliers du groupe Takashiba Deko Yashiki a chuté de plus de la moitié. Lorsqu’il était professeur, Hashimoto Shôichi aimait beaucoup interagir avec ses élèves, pendant les cours de peintures et ateliers de création de hariko. Ces dernières années, aucune école ne s’est intéressée à son atelier ou n’a intégré une visite des lieux dans le cadre d’un voyage scolaire, au grand dam de l’artisan.

Si le bâtiment Honke Daikokuya, dirigé par Hashimoto Shôichi, est utilisé par de grands groupes pour des ateliers de peinture, les écoles, elles, s’y intéressent beaucoup moins...
Si le bâtiment Honke Daikokuya, dirigé par Hashimoto Shôichi, est utilisé par de grands groupes pour des ateliers de peinture, les écoles, elles, s’y intéressent beaucoup moins...

Hashimoto déplore la situation : « À cause de la catastrophe, encore aujourd’hui, les agriculteurs et les pêcheurs de Fukushima paient toujours le prix de la mauvaise image de leurs produits. Même si on pourrait croire le contraire, je pense que c’est aux artisans comme moi de redorer l’image de la région et de la rendre plus positive. La question de l’innocuité des produits suscite des inquiétudes dans le monde entier. »

Pour Hashimoto, voyager à l’étranger est essentiel : c’est l’occasion d’exposer ses œuvres lors d’événements promotionnels pour le Japon. Il a rencontré des artisans des quatre coins de la planète avec lesquels il a échangé son point de vue et se dit sincèrement surpris que tant de personnes connaissent maintenant Fukushima. Et il ne ménage pas ses efforts pour redorer l’image de sa région natale, car le temps et l’argent consacrés aux activités menées par la préfecture et les associations touristiques locales elles-mêmes n’ont que très peu changé la situation...

Importer une fête espagnole à Fukushima

Hashimoto Shôichi rêve d’organiser un jour à Fukushima les Fallas de Valence, une fête traditionnelle espagnole. Pendant cinq jours, des figurines de papier mâché hautes de plus de 10 mètres de haut défilent dans les rues de la ville, dans une atmosphère de fête où tout le monde chante, danse et où l’alcool coule à flot. Pour le clou de l’événement, une figurine est choisie et est désignée comme grande gagnante des Fallas. Toutes les autres sont brûlées dans un immense feu de joie. Hashimoto a déjà pris ses renseignements auprès d’artisans espagnols ; il entend bien faire venir les Fallas dans sa région.

Hashimoto aux Fallas de Valence, arborant un chapeau hariko (photo avec l'aimable autorisation de Hashimoto Shôichi)
Hashimoto aux Fallas de Valence, arborant un chapeau hariko (photo avec l’aimable autorisation de Hashimoto Shôichi)

« Fukushima, c’est là où prennent vie certaines des créations hariko les plus connues au Japon, comme la vache akabeko d’Aizu ou encore le daruma de Shirakawa. J’aimerais organiser un grand festival où les artisans locaux créeraient d’énormes figurines en papier mâché et les feraient défiler dans toute la préfecture. Et le festival se terminerait par un gigantesque feu de joie. Je pense qu’un événement comme celui-ci dynamiserait le tourisme à Fukushima. Il permettrait également d’attirer l’attention sur l’artisanat traditionnel hariko et d’encourager les artisans à se perfectionner. »

Atelier Honke Daikokuya

  • Adresse : 163 Takashiba aza-Tateno, Nishita-machi, Kôriyama-shi, Fukushima-ken
  • Ouvert toute l’année
  • Horaires : 9 h à 17 h

(Reportage, texte et photos de Nippon.com, sauf mentions contraires)