Une immense superficie
Autrefois, la superficie du temple Zôjô-ji avait atteint jusqu’à 83 hectares, s’agrandissant sans cesse à chaque construction d’un nouveau mausolée. À mesure que le pays s’est modernisé, les nombreux bâtiments et jardins qui se trouvaient autrefois dans l’enceinte du temple ont peu à peu laissé place à des routes et des structures modernes en béton. À l’apogée du temple Zôjô-ji, la porte San-gedatsu-mon était devenue la porte centrale plutôt que l’entrée principale, ce qui donne une idée de la superficie du site. Quant à la porte principale Daimon, elle se trouvait à l’est, à une distance d’exactement 108 ken (environ 200 mètres), un chiffre qui correspondrait au nombre de désirs terrestres dans la pensée bouddhiste. Aujourd’hui, une réplique très réduite marque l’endroit où se trouvait autrefois la grande porte. La porte Daimon a par ailleurs donné son nom à une station de métro.
Au nord, le temple Zôjô-ji s’étendait jusqu’à Onari-mon, porte réservée aux visites de shoguns. Aujourd’hui, une station de métro porte son nom. Au sud, on trouve maintenant le parc de Shiba et l’hôtel Prince Park Tower, et à l’ouest, la fameuse tour de Tokyo. Les vastes enceintes comptaient 48 sous-temples ainsi qu’une centaine de structures pour abriter, selon certains témoignages, plus de 3 000 moines, disciples au temple. Le contrôle de propriétés dans des zones environnantes et plus lointaines assurait également à l’édifice un revenu substantiel.
L’héritage du clan Tokugawa
Des traces des liens jadis profonds du temple Zôjô-ji avec le régime Tokugawa sont visibles encore aujourd’hui, çà et là, dans l’enceinte de l’édifice. Au nord se trouve une ancienne suibansha, lieu où les fidèles se purifient avant de prier. Le conteneur en pierre faisait à l’origine partie du Seiyô-in, le mausolée du fils du shôgun Iemitsu, Tokugawa Tsunashige. Il a été déplacé après que le tombeau a brûlé dans un incendie. En face se trouve un clocher abritant le Dai-bonshô. En 1673, lorsqu’il a été fondu, le Dai-bonshô était l’une des cloches les plus imposantes qu’on puisse trouver dans un temple à Edo et dans les régions environnantes.
Parmi les autres bâtiments liés au clan Tokugawa et qui ont échappé aux ravages de la Seconde Guerre mondiale, citons la porte Kuro-mon, construite au milieu du XVIIe siècle, et un kyôzô, un bâtiment dédié au stockage des sutras, vieux de 200 ans.
À proximité du pavillon principal Daiden se trouve l’un des édifices les plus importants du temple Zôjô-ji : l’Ankoku-den. Le bâtiment abrite une statue noire du Bouddha Amida. Elle aurait été sculptée par le moine Genshin (942-1017), dont les écrits influencèrent grandement la diffusion du bouddhisme de la Terre pure. Tokugawa Ieyasu lui-même aurait vénéré cette statue et serait venu se recueillir devant elle.
Mais parmi tous les éléments symbolisant le lien fort qui unit le clan Tokugawa au temple Zôjô-ji, le blason de famille est de loin le plus important : le mitsuba aoi. Composé de trois feuilles de mauve, on le retrouve sur les tuiles, les portes ou encore les sculptures en pierre dans l’enceinte du temple.










