Les exportations de carpes vers la clientèle de l’étranger

C’est au début de l’après-guerre que Niigata a commencé à promouvoir les exportations de nishiki-goï. Dans les années 1960, grâce à l’apparition de sacs en plastique spécifiquement conçus pour le transport par avion de poissons vivants, les nishiki-goï sont venus embellir les jardins des habitants nippo-américains de Hawaï, un phénomène qui a contribué à gonfler régulièrement les rangs des fans en Occident.

En 2004, le puissant séisme de Chûetsu, à Niigata, a durement frappé le secteur de l’élevage de carpes. La secousse a endommagé des bâtiments et fissuré des mares, provoquant des fuites. Outre cela, les glissements de terrains ont barré des cours d’eau et les coupures d’électricité ont provoqué des pannes de pompes à oxygène, ce qui a entraîné la mort d’un grand nombre de carpes.

Un mois après le tremblement de terre, cet élevage de nishikigoi de Niigata est à l'abandon. (Jiji Press)
Un mois après le tremblement de terre, cet élevage de nishiki-goï de Niigata est à l’abandon. (Jiji Press)

De façon imprévisible, la catastrophe a accéléré la transition du secteur vers les exportations. Quand les éleveurs ont commencé à reconstruire, les messages d’encouragement et le soutien financier des fans étrangers ont afflué. À l’époque, la demande intérieure avait atteint un plafond, mais le poisson était de plus en plus populaire en Chine et ailleurs en Asie. Avec l’appui des pouvoirs publics, le secteur a misé sur les exportations pour sortir de la crise, en portant son attention sur le marquage.

En 2017, Niigata a déclaré le nishiki-goï poisson officiel de la préfecture. À l’heure actuelle, environ 80 % des spécimens produits sur le territoire national sont exportés, et 60 % d’entre eux sont élevés à Niigata.

Un espace pour prendre des photos a été aménagé à l'élevage de koi Isa à côté d'un bassin de pisciculture. La pandémie de Covid-19 a encouragé l'élevage à miser davantage sur les ventes en ligne destinées à une clientèle étrangère
Un espace pour prendre des photos a été aménagé au centre Isa d’élevage de carpes à côté d’un bassin de pisciculture. La pandémie de Covid-19 a encouragé l’élevage à miser davantage sur les ventes en ligne destinées à une clientèle étrangère.

Identifier les goûts des fans étrangers

Selon Isa Mitsunori, bien des acheteurs étrangers sont tout d’abord attirés par les poissons de couleur dorée ou argentée, mais avec le temps la majorité des fans renoncent à ces variétés clinquantes pour se tourner vers les « trois grandes ».

Un poisson de la variété yamabuki ôgon provenant de l'élevage de koi Izumiya, a remporté le prix de l'exposition Koi de Niigata dans la catégorie des plus de 80 centimètres.
Un poisson de la variété yamabuki ôgon provenant du centre Izumiya d’élevage de carpes, a remporté le prix de l’exposition de carpes de Niigata dans la catégorie des plus de 80 centimètres.

Les nishiki-goï dorés et argentés ont tendance à être ornés de motifs réguliers. En revanche, les motifs des « trois grandes » variétés sont beaucoup plus divers et changent à mesure de la croissance des poissons. Le plaisir des collectionneurs repose en partie sur l’achat d’un poisson fondé sur l’anticipation de son apparence future — les motifs vont-ils devenir plus vifs et plus grands ? — et l’observation de son évolution.

Aujourd’hui, les observateurs et les fans étrangers ont une bonne connaissance des caractéristiques propres aux divers élevages de nishiki-goï et aux variétés qu’ils produisent. Lorsqu’on lui demande s’il est capable d’identifier un poisson provenant de son élevage, Isa Mitsunori raconte que, lors d’un voyage d’affaires au temple cambodgien d’Angkor Vat, il lui est arrivé de reconnaître un Shôwa sanshoku qui nageait dans une mare à proximité de l’entrée. « Je me suis immédiatement rendu compte que c’était un de mes poissons », dit-il. « Je me suis senti fier de me trouver sur un site classé au patrimoine mondial et d’y voir un nishiki-goï que j’avais élevé. Cela m’a fait prendre conscience de la chance que j’avais de me livrer à cette activité internationale.»

L'élevage de koi Isa, qui se dédie principalement aux trois grandes variétés de nishikigoi, est surtout célèbre pour son lauréat Shôwa sanshoku, connu sous le nom de Isa Shôwa.
L’élevage de carpes d’Isa Mitsunori, qui se dédie principalement aux trois grandes variétés de nishiki-goï, est surtout célèbre pour son lauréat Shôwa sanshoku, connu sous le nom de « Isa Shôwa ».

(Voir également notre article : Importer des carpes japonaises chez soi : le hobby des personnes aisées à l’étranger)

(Reportage, texte et photos de Nippon.com. Photo de titre : les bassins en plastique où nagent les carpes, lors de l’exposition 2020 des carpes nishiki-goï de Niigata)